Béziers Méditerranée et le Biterrois en Europe
 

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           Réussir Béziers en Europe Réussir le développement du Biterrois

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Les nouvelles de Béziers et l'actualité Biterroise


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A qui s'adresse le site ?


Qui que vous soyez, vous êtes le bienvenu sur le site.

Ce site peut intéresser particulièrement les journalistes, les chefs d'entreprises et les entrepreneurs, les chercheurs, les étudiants rédigeant une thèse ou un mémoire, les touristes. Il peut, en outre, leur assurer un premier contact.

Et puis, il peut permettre à la diaspora Biterroise d'avoir des nouvelles du pays et même de renouer des liens.

Vous pourrez :

  • découvrir la ville de Béziers, l'agglomération Béziers Méditerranée et le Biterrois
  • procéder à une première étude de marché
  • préparer votre prochaine visite ou votre prochain séjour dans la ville
  • retrouver des renseignements pratiques
  • découvrir des interlocuteurs et nouer des contacts
  • dialoguer et devenir les ambassadeurs de Béziers

A tous, merci d'avoir choisi de visiter notre site. Revenez, il est régulièrement mis à jour, en particulier les dernières nouvelles de Béziers.

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Le Livre d'Or de Réussir Béziers Méditerranée et le Biterrois en Europe

 

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L'association Réussir à Béziers


Les objectifs de l'association Réussir à Béziers :

         L'association Réussir à Béziers a pour objectifs :

  • d'analyser le développement de Béziers, de l'agglomération Béziers Méditerranée et du Biterrois ;
  • de promouvoir et de mettre en oeuvre des actions ou une politique permettant d'assurer ce développement.

         Au fil des années, l'association par ses analyses, ses études et ses propositions s'est efforcée de développer des solidarités et de définir un projet de développement local ; de rencontrer les décideurs et de leurs proposer un certain nombre d'idées, jouant ainsi un rôle d'aide à la décision ; de favoriser le développement de l'espace Biterrois à la dimension du futur et de l'Europe.

         Le travail de qualité de l'association devenue selon les termes du Maire de Béziers, Raymond Couderc : «un incubateur d'idées, une aide à la décision», nous amène à donner un large écho à ses activités.

         Toutefois, il faut bien noter que les articles que l'on retrouvera sur le site, rédigés par Edouard Bertouy, n'engagent en rien la responsabilité de l'association.

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Les activités de l'association
Réussir à Béziers

Permanences : tous les lundis et mercredis de 9 h à 11 h.

Groupe de travail : le premier lundi ouvrable de chaque mois.
Contacts pour plus de renseignements : Par téléphone au 04 67 49 95 20 lundi ou mercredi de 9 h à 11 h

Cotisations :
        Elles sont de 35 euros par personne (chèque libellé à l'ordre de Réussir à Béziers et adressé au trésorier Pierre FERAL 106, Bd Frédéric Mistral 34500 Béziers
Tél : 04 67 76 50 66).

Comment contacter l'association Réussir à Béziers 

         Si vous souhaitez des informations supplémentaires sur l'association ou ses activités, envoyez un courrier ou un message électronique aux adresses suivantes, ou encore contactez l'association au numéro ci-dessous :  

Réussir à Béziers
Adresse : 3, rue du Chapeau Rouge 34500 Béziers France
Téléphone-fax : 04-67-49-95-20
Permanences : le lundi et le mercredi matin

Un avis, une question, un contact, utilisez le formulaire : a Accès au formulaire


Découverte du site de l'association Réussir à Béziers :
http://reussir-a-beziers.com/


Les images de l'association


Journées du Patrimoine 2010
L'Abbaye de Fontfroide
Caritats 2011
Jean-Bernard Pommier nous reçoit aux Franciscains
20° Anniversaire de l'Association

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Calendrier des activités


Les prochains rendez-vous de Réussir à Béziers


         Les conférences au Musée de la ville pour la saison 2011 – 2012 :
         1° Réalisme de la poésie Une conférence de Michel Mireval 1/06/2012
         2° Origine et création de la Sécurité Sociale ? Une conférence de Henri Fage 27/04/2012
        

         II. Sorties Visites :
         
         Un voyage au long cours : 2 JOURS : visite de l’Abbaye de POBLET en Espagne.

         III. Rencontres :
       
         Lundi 7 mai 2012 à 18h30 au local : rencontre de Stéphane Delpech, Directeur de Béziers Méditerranée Transport.
         Lundi 4 juin 2012 à 18h30 au local : Rencontre avec M Gilles PANNE. Directeur de l'Office de tourisme communautaire.

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Vingtième anniversaire de l’association Réussir à Béziers : Une association citoyenne


         L’association est née en 1992 alors que la ville de Béziers du fait de multiples facteurs semblait irrémédiablement engagée dans le déclin. Si bien que Monde parlant de la ville titrait : « Béziers n’a pas le moral » et affirmait parlant des Biterrois qu’ils paraissaient moroses, c’est-à-dire qu’ils ne croyaient plus beaucoup à l’avenir de leur ville. Et c’est justement dans ce contexte défavorable que fut créée l’association dénommée à dessein Réussir à Béziers ayant pour objectif de réagir à cette morosité et par un engagement citoyen de contribuer au renouveau et au développement de la cité.

         Au cours de la célébration de l’anniversaire les trois Présidents de l’association qui se sont succédé ont retracé les grandes lignes de ce qui avait été fait durant ces vingt années. Robert Cavalié qui a d’abord décrit la période d’analyse et de réflexion caractérisée par la rencontre des forces vives du territoire, des maires du Biterrois, des décideurs économiques, du Sous-Préfet qui se montra alors très attentif à la démarche, de quelques décideurs régionaux ou nationaux et en particulier du maire de Narbonne pour explorer la perspective d’un rapprochement avec Béziers. Cette démarche d’analyse faite, les handicaps de la ville clairement aperçus mais aussi les atouts potentiels qui n’étaient pas toujours authentifiés par tous, se gardant bien de toute chasse aux sorcières, de toute polémique inutile, de tout défaitisme, de tout parti pris, l’association, estima qu’elle était en mesure par ses analyses, ses publications, l’écoute attentive du Midi Libre et de la presse locale, de formuler des analyses, des idées et des propositions pour les décideurs politiques, économiques ou culturels.

         Il en est résulté tout un ensemble d’études, de propositions, d’idées et quelquefois d’initiatives et d’engagements citoyens de l’association dans de nombreux domaines : culture, patrimoine et festivités, intercommunalité, urbanisme, économie, tourisme, viticulture, aménagement du territoire.

         Avec le deuxième Président de l’association, Jacques Nougaret, l’accent ne pouvait qu’être mis sur le patrimoine, la culture, l’histoire et la participation aux célébrations historiques de la cité. Avec un accent particulier sur la création artistique présente désormais avec Bernard Pommier aux Franciscains, la suggestion pour la ville de songer à acquérir le label ville (ou pays) d’art et d’histoire, d’assurer une meilleure synergie entre les services culturels, le développement touristique, la mise en valeur du patrimoine de l’Acropole…

         Le troisième Président, Jean-Claude Ayrivié s’est attaché à rappeler les différentes activités de l’association : les conférences de Réussir à Béziers programmées au musée du Biterrois, les rencontres de décideurs ou d’acteurs politiques, économiques, culturels pour fortifier les analyses, les visites d’entreprises, d’établissements de formation, de villages, de lieux culturels ou patrimoniaux, les sorties historiques, la participation aux journées européennes du patrimoine sous forme de saynètes, les études et réflexions, la création du nouveau site de l’association (http://reussir-a-beziers.com/).

         Le Sénateur-Maire de Béziers, Raymond Couderc qui a tenu à honorer de sa présence le vingtième anniversaire de l‘association a témoigné de l’intérêt pour la cité d’une association citoyenne telle que Réussir à Béziers qui permet à une municipalité de mieux connaître la vision de la société civile. Il a reconnu tout l’intérêt de la réflexion et des propositions de l’association. Un véritable laboratoire d’idées, dont un grand nombre ont été utilisées par la ville ou l’agglomération.

         Accès aux images du vingtième anniversaire

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Culture - Festivités
: les dossiers de Réussir à Béziers
 
            Les dossiers :
Rencontres, colloques, études
Histoire de Béziers et du Biterrois
 

L’Edit de Béziers

 
Rencontre de Justin Chareyre, Président de l’association Iliade
Au nom des pères, des fils et de leur esprit, un livre de Robert Cavalié
Une conférence de Michel Fournier : Chroniqueurs, voyageurs et historiens au début du XVIIe siècle Organiser le commerce du centre ville en s’appuyant sur un manager de centre ville Dans la longue tradition du savoir de la cité : la Société archéologique, scientifique et littéraire
Le dernier poilu : Lazare Ponticelli  La révolte du duc de Montmorency L’association Réussir à Béziers a visité la pépinière d’entreprises Innovosud

Une conférence de Michel Fournier : « Béziers et la Grande Guerre »

Gustave Fayet Les grandes ambitions de Jean-Bernard Pommier pour les Franciscains
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L’association Réussir à Béziers a visité la pépinière d’entreprises Innovosud


         Reçus par Laurent ESPELT, Directeur des pépinières d'entreprises, les membres de l’association Réussir à Béziers ont d’abord visité les entreprises hébergées dans la pépinière avant de se voir expliquer ses missions et son fonctionnement.

L'hébergement des entreprises

         Au sein de la pépinière d'entreprises Innovosud, sont hébergées :

         Location Nappage du Midi : est au service des restaurateurs, des professionnels d'événementiels, des traiteurs mais aussi des particuliers pour leur fournir un large choix de linge de table http://locationnappagedumidi.com

         Ethiquettes : Vente Par Correspondance sur Internet. Ethiquettes sélectionne pour ses clients les meilleurs producteurs de vins bio et bio dynamiques en leur garantissant une livraison à leur domicile. Ethiquettes est le site des vignerons éthiques qui vendent leur vin en direct du domaine. Des vins respectueux de la nature, vin bio, en biodynamie, vin naturel. Des vins sans artifices, sans additifs, produits par des artisans vignerons sincères, soucieux de préserver la qualité de leur terroir et des vins de nos régions. http://www.ethiquettes.fr/.

         Freekidds SAS : l'entreprise se positionne sur la distribution et la commercialisation d'articles de puériculture, vêtements enfants et futures mamans (produits responsables et de très bonne qualité. Marques innovantes, nouvelles et saines capitalisant sur une démarche de consommateurs responsables).

         La SARL MADIS Sud Ouest Méditerranée : Conception, distribution et maintenance de systèmes de sécurité hydraulique pour les entreprises

         MECA BL : réalise des études et des prototypes de produits existants ou nouveaux dans tous les secteurs nécessitant une expertise technique, industrielle et mécanique. Son créateur développe ses propres brevets dans les énergies renouvelables en s'appuyant sur ses connaissances en mécanique de précision. MECA BL met aussi son expertise au profit des porteurs de projet ou des entreprises mécaniques pour les aider à dessiner leurs projets (plans), à produire leur prototype et à industrialiser leurs pré-séries ou séries. http://www.meca-bl.fr/. A signaler que le plantavigne, outil développé et fabriqué par meca-BL, a remporté le premier prix de l'ingéniosité dans la catégorie viticulture au salon Dyonisud 2010.

         BioFortiVia : le projet de co-incubation Innovosud, LRI en partenariat de recherche avec Sup Agro-Montpellier produit et commercialise des ingrédients nutritionnels enrichis en oligoéléments afin de compenser des carences alimentaires. Le produit qui servira à lancer l'activité économique de l'entreprise sera composé de riz germé. Des relations avec un industriel ont été liées et matérialisent une coopération économique. L'objectif à terme est de développer une gamme complète d'ingrédients nutritionnels pour le marché des compléments alimentaires.

Entreprises devant intégrer la pépinière dans les mois qui suivent

         Deux entreprises supplémentaires doivent également intégrer la pépinière sous peu :
         La SARL My Scoub (entrée en pépinière le 1er mars 2011) : le concept My Scoub consiste à investir le nouveau créneau, encore disponible, du déplacement de courte distance en offrant à terme sous une forme locative longue durée (LLD), une gamme de véhicules électriques provenant de constructeurs européens auxquels My Scoub ajoute ses propres services d'entretiens, de maintenances de gestion de parc.

         La SARL OC & GO (date d'entrée non définie mais maximum 2 mois) : création et commercialisation d'une gamme de boissons naturelles avec l'émergence d'une nouvelle marque.

Les projets en accompagnement

         AMA TERRASSU : production d'énergie solaire thermique.
         Sécuroptic : optiques de sécurité.
         Navivino : service marketing sur téléphone mobile.

Les compétences de la pépinière

         Innovosud soutient la création de nouvelles entreprises et l'émergence de nouvelles activités économiques. Elle héberge, accompagne et suit les créateurs tout au long des phases nécessaires au démarrage et au développement de la jeune entreprise. Elle aide les entreprises à se développer et à s'insérer durablement sur le territoire et apporte tout le soutien nécessaire à leur installation sur le territoire du Biterrois après leur période d'hébergement en pépinière.

         Son accompagnement dispensé tout au long du projet aider les entreprises à évaluer la faisabilité technique et la viabilité économique de leur projet et à élaborer un business-plan et à rechercher des financements publics ou privés.

         Comme la vocation de la pépinière d’entreprises qui est d’accueillir des activités novatrices apportant une valeur ajoutée supplémentaire au territoire et répondant à des critères de qualité rigoureux ; Innovosud fait preuve d’une grande sélectivité Cependant la pépinière continue de travailler avec les entreprises qui n’ont pas été acceptées afin d’améliorer ou de réorienter leur projet.

         Après un audit, Innovosud a obtenu de devenir un membre actif de Synersud et a intégré le réseau dont elle reçoit le support et respecte les critères. Elle a adhéré à la PFCA 34. Pour augmenter ses compétences et son savoir faire dans l’accompagnement de projets innovants, Laurent Espelt a suivi une formation et obtenu la Certification ISMA360® : un label plébiscité par les professionnels de l'innovation.

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Les grandes ambitions de Jean-Bernard Pommier pour les Franciscains


         L’association Réussir à Béziers, dont on sait l’attachement à la culture et au développement artistique de la ville de Béziers, a rencontré le pianiste et chef d'orchestre Jean-Bernard Pommier avec qui la ville de Béziers a signé une convention pour faire des Franciscains un haut lieu de l’art et de la création artistique.

         Aux Franciscains, Jean-Bernard Pommier dispose d’une salle de 325 personnes à l’acoustique (résonance, harmonique, symphonique) exceptionnelle disposant d’équipements pour organiser des concerts, des manifestations théâtrales, des expositions. Les Franciscains, c’est aussi une résidence décentralisée en France où des artistes et des troupes venus du monde entier peuvent s’adonner à la création et disposer de salles de répétitions, de chambres, d’un restaurant cafétéria. Une résidence dont la forte image de marque amène une fréquentation encourageante.

         Les grandes ambitions Jean-Bernard Pommier pour les Franciscains sont d’autant plus réelles que la ville bénéficie d’un grand prestige en raison de l’image d’universalité qui s’attache à son passé et à son patrimoine artistique. Une universalité symbolisée par Fernand Castelbon de Beauxhostes, le grand ordonnateur de l’âge d’or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers marquée par les créations de Camille Saint-Saëns, G.Fauré, Déodat de Séverac, Kunc, A.Gailhard. Par Gustave Fayet, l'un des premiers collectionneurs des œuvres de Gauguin de Degas, Manet, Monet, Pissarro, Odilon Redon, de Cézanne, Matisse, Montfreid, Puvis de Chavannes, Fantin-Latour, Sisley, Picasso, Van Gogh dont il possèdera les Bohémiens, le Jardin de Daubigny et l’Autoportrait à l'oreille bandée et à la pipe. Curieux et éclectique dans ses choix, sur la fin de sa vie, Fayet peut être considéré comme le plus grand collectionneur du XXe siècle. Par Yves Nat, le grand pianiste né à Béziers qui fut l’un des maîtres de Jean-Bernard Pommier.

         S’appuyant sur deux associations BML (Béziers Musikè en Languedoc) et AMA (Académie Musikè Association) qui ont l’ambition de faire rayonner les Franciscains par la Musique, Jean-Bernard Pommier a programmé tout un ensemble de masterclasses hébergées aux Franciscains d’une durée d’une semaine qui accueillent un certain nombre de stagiaires venus profiter du cours d’un musicien de renommée internationale choisi parmi les meilleurs du monde et les plus grands. Des masterclasses qui se terminent par un concert donné par les disciples puis le jour suivant, en point d’orgue, par le concert du grand Maître.

 

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Organiser le commerce du centre ville en s’appuyant sur un manager de centre ville



         Comme l’a affirmé avec force, Francis Cabanat, président de la CCI d’Alès, à l’occasion de la manifestation Passion Commerce organisée par les CCIT de Sète et d’Alès, l’idée d’intégrer un manager de centre ville est de plus en plus avancée : « Le commerce ne peut se développer que si les collectivités jouent le jeu. Il faut à mon sens organiser le commerce du centre ville en s’appuyant sur un manager, un directeur de marketing. Cela me paraît indispensable. La CFCI a signé un partenariat avec les maires. Il faut désormais poursuivre les initiatives allant dans ce sens. »

         L’ambition d’organiser le commerce du centre ville en s’appuyant sur un manager de centre ville a été concrétisée par la ville de Béziers qui a recruté Christine Toulorge, installée à la maison des Arts à Béziers. C’est pourquoi l’association Réussir à Béziers a souhaité rencontrer Florence Crouzet, adjointe au Maire de Béziers, chargée du Centre ville.

         Celle-ci a précisé les trois missions qui ont été confiées au manager de centre ville :
                  Fédérer et dynamiser les actions commerciales en centre ville et assurer une synergie entre les commerçants et la ville de Béziers. Les actions événementielles qui assurent une animation régulière et un apport de chalandise entrent dans cette première mission.
                  Dans le cadre du PRU, faciliter la concertation et les partenariats en ce qui concerne l’action de requalification des quartiers dégradés.
                  Recenser les locaux commerciaux et assurer une adéquation entre l’offre et la demande. Promouvoir et développer les actions de fidélisation concernant le stationnement (carte de fidélité).

         Comme la promotion du commerce de centre ville est liée à de nombreux facteurs, Christine Toulorge est associée aux réunions de synthèse concernant le centre ville.

Christine Toulorge est déjà sur le terrain

         Comme l’a précisé Florence Crouzet, le nouveau manager de centre ville laboure le terrain avec beaucoup de dynamisme et de motivation. Elle s’intéresse tout d’abord au recensement des locaux commerciaux vacants vides et fermés, à la recherche des causes ayant conduit à leur vacuité, à l’aide à apporter aux propriétaires pour remettre leurs locaux dans le circuit, au rééquilibrage des prix des locaux et à l’image de marque de l’immobilier commercial.

         En complément de cette première démarche, Christine Toulorge se préoccupe d’accompagner et de faciliter les démarches des professionnels désireux de s’installer en centre ville et de tirer les commerçants vers le haut. Elle accorde une attention soutenue au commerce de proximité, au travail en réseau qui peut se constituer, par exemple avec les agences immobilières.

         L’importance de la signalétique pour les piétons ne lui échappe pas, ni celle du stationnement, des opérations heures gratuites pour les chalands et de la carte de fidélité. Elle a déjà cerné tout l’intérêt de la création d’une image de marque du centre ville, de la mise en valeur du patrimoine, de la création d’un circuit marchand.

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Beziers
Rues du centre ville historique


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La révolte du duc de Montmorency


Une conférence de Michel Fournier, agrégé d’histoire, au Musée du Biterrois.

         Avec son talent habituel, Michel Fournier a évoqué devant un public attentif et captivé, la révolte du duc de Montmorency (1629-1632), un événement qui, dans le Béziers du début du 17e siècle, réunit histoire nationale et histoire locale. Ainsi finit tragiquement par l’exécution capitale du dernier duc Henri II, le destin glorieux d’une famille, les Montmorency, depuis sept siècles au service de la monarchie capétienne.

L’origine des Montmorency

         Les Montmorency, barons de l’Île de France, sont à l’origine de petits seigneurs, les Bouchard (première mention en 958), ayant tissé avec Hugues de France un lien vassalique très fort qui ne sera jamais trahi ni renié et qui se traduira par la proximité avec le roi et le service au souverain. Une famille qui exercera des charges importantes : chambrier, bouteiller, maréchal, amiral, connétable, gouverneur du Languedoc. Sa fidélité au roi et son génie des alliances matrimoniales lui valut de nombreuses possessions en Île de France, en Normandie, en Bretagne Anjou, en Angoumois, dans le centre de la France.

Les principaux représentants de la Maison de Montmorency

         Parmi les principaux représentants de la Maison de Montmorency, on peut distinguer Anne de Montmorency (1492-1567), qui fut le grand homme de la dynastie. Filleul de la reine Anne de Bretagne, qui lui donne son prénom et élevé au château d'Amboise avec le futur roi de France François Ier, sa longévité de vie lui permit de servir plusieurs rois et d’accéder à des charges importantes : maréchal, grand maître de France, gouverneur du Languedoc, connétable, duc de Montmorency, lui donnant ainsi l’occasion de jouer un rôle politique et militaire de premier plan.

         Henri Ier de Montmorency, seigneur de Damville, est gouverneur du Languedoc en 1563. A ce titre, politique, il navigue entre catholiques et huguenots et se soucie surtout d’être le maître en Languedoc. Après l’édit d’Amboise en 1563 qui mit un terme aux guerres civiles, l’intervention des troupes de Montmorency-Damville mit fin à l’emprise des huguenots de Béziers. La ville, redevenue alors en majorité catholique, toléra les huguenots qui pratiquèrent en privé et sans ostentation. En 1570, Henri de Montmorency, gouverneur catholique du Languedoc, constitua le Tiers-Parti et s’efforça de réaliser la tolérance dans la province. N’hésitant pas à assiéger les huguenots à Sommières, il conclut finalement des trêves et décida de respecter le bloc des Cévennes constitué de quatre-vingts villages fortifiés d’où la messe avait disparu. Le roi jugea alors cette tolérance suspecte et en 1574, limogea le gouverneur. Dès lors, compte tenu de sa position stratégique, Béziers devint un enjeu entre l’est du Languedoc entre les mains des réformés et l’ouest aux mains des papistes, entre les Montmorency et les Joyeuses qui la convoitent et qui visent à travers elle la conquête et le gouvernement du Languedoc.

         De 1574 à 1576, le jugeant trop ouvertement allié aux protestants, la ville se refuse à Montmorency-Damville. En 1575, répliquant à l’embuscade tendue par le catholique Thémines, les troupes de Montmorency font périr deux cents Biterrois surpris dans la plaine de Garissou. Cependant, dès 1576, la ville lui ouvre ses portes et scelle l’accord qui va la lier avec la maison de Montmorency pour un demi-siècle. Nul ne résistant plus, il accorde le libre culte aux protestants, sans que le nouvel évêque ne s’y oppose.

Henri II de Montmorency

         Henri II de Montmorency né le 30 avril 1595 au château de Chantilly est le fils d’Henri Ier de Montmorency. Filleul du roi de France Henri IV, il fut amiral de France à 17 ans, vice-roi de la Nouvelle-France et gouverneur du Languedoc. Il est l’époux de Marie-Félicie des Ursins. Il participa aux guerres contre les protestants et battit la flotte de Benjamin de Rohan, duc de Soubise devant La Rochelle en 1625.

         Depuis les troubles religieux, les Biterrois avaient mesuré l’honneur et les avantages qu’ils pouvaient retirer de l’alliance avec les Montmorency, tout en tissant avec eux des liens de popularité et d’affection. Capitale des Montmorency depuis deux générations, la ville en confortait sa situation politique et en retirait du prestige. D’où sa conduite particulière qui avait fait alterner la fidélité à l’ordre royal et sa contestation. Une contestation toute relative tempérée par le loyalisme indéfectible des Bonsi. Par fidélité au roi, Henri II avait joué jusqu’en 1632 le jeu de la monarchie cherchant à apaiser le mécontentement né de la mise en place des Elus par l’Edit de Nîmes, de la fusion de la cour des Aydes et de la cour des comptes, de l’opposition aux réformes des Etats, et des nobles, ecclésiastiques, grands bourgeois, oligarchies urbaines qui craignaient pour leur intérêt.

         Brusquement, le 22 juillet 1632, le gouverneur Henri II change d’attitude poussant les États qui n’avaient jusque là pensé qu’à une grève de l’impôt à une véritable guerre civile, une séparation du reste du royaume. Il intrigue avec le frère du roi, Gaston d'Orléans, héritier présomptif de la couronne jusqu’en 1638, année où Louis XIII eut un fils, qui le convainquit de soulever le Languedoc dans une révolte ouverte dont le but était la ruine du cardinal de Richelieu. C’est à Béziers que Gaston d’Orléans expédia ses maigres troupes levées aux Pays-Bas. C’est de Béziers que Montmorency partit en campagne avec de maigres troupes et sans appuis véritables. Il partit en campagne le 1er septembre 1632, non sans que Jacquette de Bachelier lui ait prédit : « Monseigneur, si vous passez l’Orb, vous êtes perdu. » Capturé les armes à la main au combat de Castelnaudary par Schomberg (1632), il fut, malgré de nombreuses interventions en sa faveur, notamment celles du pape et de Charles Ier d'Angleterre condamné à mort par raison d’État et décapité à Toulouse.

Un événement qui réunit histoire nationale et histoire locale

         Dès le 12 octobre 1632, ultime reconnaissance de l’importance politique de la ville, l’édit de Béziers qui limite les privilèges de la province est signé dans l’église des Augustins. Le roi, la reine, deux cardinaux, dont Richelieu, le conseil royal, quatre maréchaux de France, trois secrétaires d’État, le surintendant des finances sont présents. La grande pompe qui entoure cette signature souligne d’une manière symbolique la toute puissance du pouvoir royal, l’évolution vers la monarchie absolue et vers un état moderne.

         La chance de Béziers de jouer un grand rôle politique est alors passée. Cependant si c’est ailleurs que se manifestent les réalités du pouvoir : à Toulouse avec le parlement, à Montpellier avec l’intendant, à Pézenas avec les États, Béziers, toute indiscipline réduite, s’insère dans l’ordre royal définitivement établi et dans les structures de la monarchie absolue, dans les formes de l’état moderne. Et cela d’autant plus que l’existence du présidial de Béziers facilite l’accession des familles bourgeoises aux charges de cette juridiction et fait naître par les mutations qu’elle permet un besoin d’ordre et de stabilité.

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Le dernier poilu : Lazare Ponticelli


Une conférence de René Gualino

         Le 17 mars 2008, René Gualino assiste dans la galerie Ouest de la majestueuse cour des Invalides aux obsèques de Lazare Ponticelli, le dernier poilu. Il y entend le Président de la République affirmer que l’hommage solennel que la nation rend à Lazare Ponticelli est un hommage à tous ses camarades de combat, ses frères dans la douleur et la souffrance, un hommage solennel rendu à ceux qui ont fait le guerre. Puis, l’éloge funèbre de Max Gallo qui célèbre la valeur de l’homme : en effet, Lazare Ponticelli est bien plus que le dernier survivant sur notre sol des combattants de la première guerre mondiale. Il nous rend fier, , par toute sa vie, d’être son frère humain. Parce que son destin se dresse contre l’égoïsme, la passivité, la soumission, le désespoir, son destin est un appel à la volonté, à la modeste grandeur de l’homme, à l’héroïsme quotidien.

         René Gualino ne manque pas d’être touché par la cérémonie et l’homme à qui elle rend hommage pour de nombreuses raisons. Parce que la vie de Lazare Ponticelli est un formidable exemple. Et aussi parce que Lazare né italien a émigré en France, comme l’avait fait en 1925, à dix-sept ans, le père de René Gualino en franchissant la frontière d’un pays qu’il a profondément aimé.

         Lazare Ponticelli en franchissant la frontière s’inscrit dans le cadre de l’émigration, conséquence de l’unité italienne définitivement acquise en 1871 qui paradoxalement en cassant les structures traditionnelles enclenche une émigration de grande ampleur dans laquelle hormis le continent américain, la France est la destination préférée, celle du cœur. Lazare naît en 1897 dans une famille pauvre de huit enfants dans un hameau de montagne près de Bettola (nord de l'Italie), une famille qui connaît l’extrême pauvreté, la misère et pour laquelle la France est un paradis. Plus particulièrement Nogent-sur-Marne où réside à l'époque une importante communauté italienne sachant mettre en œuvre la solidarité entre les migrants italiens. En 1907,à neuf ans, il quitte son Émilie natale, débarque seul gare de Lyon, enfant perdu, illettré ne connaissant pas un mot de Français, recueilli par les Italiens de Nogent. Volontaire, il accepte tous les petits métiers, mais à force de ténacité, de courage, d’ingéniosité, d’anticipation, il parvient à créer dès 1913 son entreprise avec Pierre Pécuri, fils d’italien, mais lui-même français avec qui il décide de créer une entreprise de ramonage et de fumisterie. Après la guerre, Lazare reprend avec son frère, Céleste, les activités de fumisterie, ramonage, entretien de cheminées. Ils créent en1921 la société Ponticelli frères et élargissent leurs activités : montage et entretien de cheminées industrielles, tuyauterie, mécanique, chaudronnerie. Le grand coup d’accélérateur viendra en 1927 de l’industrie pétrolière qu’ils vont accompagner dans de nouvelles installations de raffinerie. Ponticelli frères est devenue une grande entreprise qu’ils transforment en société anonyme en 1932.

         Comme si c’était naturel, lorsque la guerre survient,Lazare maquille son âge pour s’engager dans un régiment de marche de la Légion Étrangère. : « j’ai voulu défendre la France parce qu’elle m’avait donné à manger, c’était une manière de dire merci ». Dès lors, il vit la guerre dans tous ses aspects : les tranchées, les gaz, les combats.

         Il faut dire, que Lazare n’est pas une exception. Parmi les 32 000 étrangers qui ont servi dans les armées françaises, les italiens représentent le contingent le plus nombreux. Lointain prolongement de l’unité italienne que la France avait favorisée et illustration de la geste Garibaldienne à travers l’engagement aux côtés de la France des Garibaldiens de 14 composés pour moitié des Italiens originaires d’Italie et des Italiens immigrés en France et toute une frange d’Italiens venus du reste du monde : d’Afrique du Nord, d’Angleterre, de Pologne, d’Amérique latine, d’Uruguay. Une véritable tour de Babel où l’on parlait toutes les langues, où les patois italiens se mélangeaient. Des hommes engagés par idéal et qui se battent par amour de la France mais non par haine de l’Allemagne, par soif d’aventure, par attachement à la patrie des droits de l’homme, à la culture latine, berceau de la civilisation.

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Une conférence de Michel Fournier : « Béziers et la Grande Guerre »


         C’est au Musée du Biterrois devant une assistance véritablement conquise et sous le charme que Michel Fournier a tenu sa conférence sur « Béziers et la Grande Guerre » à partir de l’étude de documents locaux et du témoignage de Louis Barthas, un ancien combattant de la Grande Guerre, mobilisé au 280e régiment d'infanterie de Narbonne avec le grade de caporal qu’il conserva pendant la durée du conflit et qui a écrit ses expériences de guerre dans un journal de guerre très apprécié.

         A la veille du déclenchement de la guerre, Béziers est une ville d’une seule activité, le vin. La viticulture en suscitant des investissements a fait sa prospérité, revenue assez rapidement après la crise de 1907. La ville qui compte en 1914 entre 52 000 et 53 000 habitants connaît une explosion démographique qui n’est pas due à la natalité naturelle mais à un apport extérieur et à l’immigration dont celle venue d’Espagne qui s’avérera précieuse pendant la durée de la guerre. C’est aussi une ville d’hégémonie et de sensibilité radicale qui n’échappe pas totalement à l’influence de Jean Jaurès, ni à celle de Louis Laferre (1861-1929) député radical-socialiste de Béziers, l’un des principaux leaders nationaux du parti républicain-radical et radical-socialiste qui s’était créé en 1901. Son Maire, Albert Signoret, est radical indépendant.

L’union sacrée

         La guerre qui est déclarée le 3 août 1914 ne prend pas la ville au dépourvu. La droite et les radicaux y sont favorables pour des raisons nationales. A l’unisson avec toute la nation française, la déclaration de guerre est acceptée ainsi que l’ordre de mobilisation et le passage du service militaire de deux à trois ans. L’union sacrée s’exprime dans la rue aux cris de Vive la France et traduit un esprit patriotique que les maîtres d’école avaient favorisé. L’idée que le pays est menacé, de l’ennemi héréditaire, le sentiment d’être victime d’une agression injustifiée, la cohésion de la nation qui se manifeste dans tout le pays, est profondément partagée par les Biterrois qui participent à l’enthousiasme dans lequel s’effectue la mobilisation et la concentration des troupes. Il est vrai que chacun est persuadé que la guerre sera courte et victorieuse.

La participation à l’effort de guerre

         Dès les premiers mois, en raison des énormes pertes subies par les armées, le problème des effectifs se pose. Il faut donc appeler les classes par anticipation, récupérer des hommes sur les ajournés et les ajournés des classes anciennes. Béziers n’échappe pas à cet effort qui concerne toutes les classes sociales. Entre 4 000 et 5 000 hommes seront mobilisés sur quatre ans, ce qui représente 10% de la population de Béziers..

         La ville et sa région n’échapperont pas plus aux réquisitions, de chevaux, de vélos, de denrées, de biens, ne les subissant pas certainement de gaieté de cœur mais sans opposition majeure. Pour répondre aux besoins financiers que la guerre aggrave, les Biterrois participent aux emprunts : « un français ne peut refuser d’apporter son aide à la patrie. »

Les conditions de vie au quotidien

         Comme partout en France, Béziers subit et accepte des restrictions des libertés publiques : état de siège, censure préventive des télégrammes et de la presse, propagande officielle, droit de réquisition, contrôle des déplacements, fermetures d'établissements, blocage ou augmentation des prix notamment du fourrage et de la farine, rationnements alimentaires et cartes d’alimentation, modification de la composition du pain et des farines dans lesquels sont incorporés des produits de faible valeur nutritive, 80% de son.

         Les problèmes de main d’œuvre et les conséquences économiques qu’ils entraînent se posent dès lors que des hommes jeunes, actifs sont partis et manquent du point de vue quantitatif et qualitatif. Comme partout ailleurs, on fait appel au travail des femmes, des enfants, plus tard à Béziers des prisonniers de guerre et à l’immigration espagnole qui constitue une véritable bénédiction pour la région, notamment pour les vendanges. La ville et la région participent aux efforts pour assurer une production suffisante pour répondre aux besoins.

         Cependant la vie continue à Béziers. Les quatre cinémas qui fonctionnent, le théâtre, les concerts si prisés dans la région contribuent aux loisirs. Des journées à thème sont organisées : du poilu, des réfugiés, des vêtements chauds. Bien qu’encadrées par l’État, des associations de solidarité ou d’assistance se développent, pour le secours aux prisonniers qui connaissent la faim et pour lesquels les colis sont les bienvenus, pour le vin du soldat, pour les parents de disparus. Une aide est accordée aux gens qui ont perdu un membre de leur famille sous forme d’allocation ou de pension. Comme on se tourne vers le ciel dans les situations difficiles, le sentiment religieux et la foi catholique connaissent un renouveau à Béziers où de nombreuses messes sont célébrées pour les défunts.

         La plus grande souffrance est causée par l’angoisse que les familles éprouvent pour leurs combattants. La mort menace à chaque instant, même dans les secteurs les plus calmes. L‘attente du courrier est une véritable épreuve. L’annonce des décès un véritable drame, en particulier pour le maire qui a le devoir de l’annoncer à la famille. Les transports de corps sont interdits, ce qui ne permet pas aux familles de faire leur deuil en accompagnant leurs défunts par une célébration funéraire. De nombreux soldats sont disparus sans qu’on sache où, ce qui augmente encore plus les souffrances. L’attente du bulletin officiel du décès est un supplice. Et cela, d’autant plus que le nombre de morts est conséquent et se chiffre à Béziers à 1 272, dont 1 000 soldats dans l’infanterie. Même augmentation de la mortalité civile (1 600 contre 1 000 avant la guerre).

         En dépit de toutes ces souffrances, de tous ces sacrifices, des difficultés devenues quotidiennes, des angoisses et des deuils, lorsqu’en 1917 surviennent les mutineries et les grèves, la lassitude générale, Béziers et sa région tiennent bon et ne rompent pas l’union sacrée, soit par résignation, soit parce que les hommes ne sont pas là pour protester. Soit tout simplement parce que bien que située loin des régions les plus sinistrées, Béziers a su rester solidaire et garder sa foi en la nation, contribuant ainsi à la victoire. Une victoire célébrée dans la joie et le bonheur aux accents de la Marseillaise.

Les conséquences

         Le très large appel à la main d’œuvre féminine qui dans la région s’attèle aux travaux viticoles et à remplacer les hommes dans de nombreuses tâches ont pour conséquence d’assurer aux femmes les premiers pas vers le chemin d’une plus grande liberté et même à une syndicalisation. Sans toujours en mesurer l’importance et la profondeur l’émancipation féminine prend corps. Le sentiment religieux s’est renforcé.

         Durant les années de guerre, la baisse de la natalité est réelle à Béziers, mais dans les années qui suivent, elle n’aura pas de conséquences démographiques compte tenu de la poussée démographique qui s’y développera.

         Le culte familial qui demeure puissant dans les familles, le souvenir perpétué par les monuments aux morts pour la France sur lesquels sont gravés les noms de ceux qui ne reviendront plus dans la commune, victimes et artisans de la victoire (à Béziers, le monument aux morts d’Antonin Injalbert) font naître un véritable culte du souvenir en même temps qu’ils confortent le sentiment d’appartenir à la Nation.

         En outre, la guerre va procurer aux campagnards et provinciaux qui pour la plupart n’avaient jamais pris le train, ni le chemin des grandes villes, ce que l’existence quotidienne ne pouvait leur apporter, une extraordinaire aventure, un élargissement des horizons, de l’espace. Le suivi du déroulement des opérations de guerre sur les différents fronts élargi incontestablement la connaissance géographique aux dimensions de la France et du monde. Les difficultés rencontrées, les souffrances, la présence même aux armées et le sentiment des sacrifices consentis pour la nation donnent à chacun le sentiment de son importance, qu’il n’est plus un citoyen de seconde zone, qu’il enferme en lui un certain degré d’héroïsme. Cela fera naître chez certains une plus grande liberté de conscience, un sens plus aigu de la critique, voire la naissance d’autres rêves qu’ils avaient remis à plus tard à la déclaration de la guerre et qu’ils reprendront mûris par les épreuves et les sacrifices.

         Comme un peu partout en France, Béziers et sa région ne seront plus les mêmes et s’achemineront vers la construction de nouveaux horizons plus lointains, vers des mutations, des risques et des épreuves. Rien ne sera plus comme avant. Si le temps ne connaît pas encore des accélérations exponentielles, l’espace s’est incontestablement élargi à l’échelle du monde.

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Gustave Fayet

         Une conférence de Magali Rougeot, Directrice du musée de Fontfroide, au musée des Beaux Arts, hôtel Fayet, à l’initiative de l’association Réussir à Béziers et en présence de Nicole Riche, Conservateur des Musées de Béziers.


         Gustave Fayet (1865 -1925) naît à Béziers le 20 mai 1865 dans une famille de propriétaires viticoles alors que débute l’âge d’or de Béziers qui se caractérise par un développement économique vertigineux, une grande prospérité, un goût de la fête et de la musique qui permirent l’aventure lyrique du mécène Castelbon de Beauxhostes. Son attirance pour la peinture, son goût artistique et ses premiers apprentissages de peintre se développent au sein même de sa famille auprès de son père, Gabriel Fayet, et de son oncle, Léon Fayet, tous deux admirateurs de Daubigny, Adolphe Monticelli, et Camille Corot.


         Par l’intermédiaire de Maurice Fabre, propriétaire viticole et grand collectionneur, il entre en relation et en amitié avec George-Daniel de Monfreid, peintre et collectionneur d'art français, l'ami de nombreux artistes et poètes dont Verlaine et surtout Gauguin. Sur les conseils éclairés de son ami, Gustave Fayet devient l'un des premiers collectionneurs des œuvres de Gauguin et son mécène qui soutient par ses mandats un Gauguin malade et désespéré au bout du monde. Il acquiert et possède alors des œuvres de Degas, Manet, Monet, Pissarro et surtout Odilon Redon. Il enrichit sa collection des œuvres de Cézane, Matisse, Montfreid, Puvis de Chavannes, Fantin-Latour, Sisley, Picasso, Van Gogh dont il possèdera les Bohémiens, le Jardin de Daubigny et l’Autoportrait à l'oreille bandée et à la pipe. Curieux et éclectique dans ses choix, sur la fin de sa vie, Fayet développe aussi un goût pour les arts d'Extrême-Orient (bouddhas, art chinois et japonais), si bien qu’on peut le considérer comme le plus grand collectionneur du XXe siècle.


         Pour une fois dans l'histoire de l'art, grâce à Castelbon de Beauxhostes pour le spectacle lyrique et à Gustave Fayet pour la peinture, Béziers et la province précèdent Paris. Devenu Conservateur au musée de Béziers, dès 1901, il organise dans sa ville natale une exposition qui rassemble les grands exclus de l'époque : Cézanne, Gauguin, Redon, Van Gogh et Picasso. Les deux premières rétrospectives consacrées à l'exilé des Marquises, d'abord à Weimar, en 1905, puis à Paris, en 1906, et qui vont bouleverser l'histoire de la peinture, n'auraient pu se tenir sans lui.


         En 1908, il acquiert l'Abbaye de Fontfroide (au sud de Narbonne), qu'il s'attache à restaurer et y installe des œuvres commandées à ses amis peintres, notamment Odilon Redon ainsi que des vitraux qu'il réalise en collaboration avec le maître verrier Richard Burgsthal. Tout en commençant et en poursuivant les travaux de restauration et de décoration de l'abbaye, Gustave Fayet en fait dès 1909 un foyer artistique que fréquentent Odilon Redon, Burgsthal, Bauzil, Henri de Montfreid, Aristide Maillol ou encore les compositeurs Maurice Ravel et Déodat de Séverac.


         Sur le conseil de Redon, le tempérament d’artiste de Gustave Fayet s’attache à exprimer le plus profond de son âme et à s'adresser avec ses noirs, ses mauves, ses montagnes, au centre mystérieux de l'esprit. Important et varié, son travail, va de la peinture à l'huile à l'art décoratif en passant par la céramique, l'aquarelle ou encore l'illustration de livres. Son œuvre se caractérise par la richesse des styles, des techniques explorées : peinture à l'huile, aquarelles d'une grande finesse, gravures monochromes, cartons de tapisserie, tapis, céramique… Il crée aussi des aquarelles sur des buvards, dont les motifs inspirés de fleurs et de fonds marins seront utilisés à partir de 1920 pour faire des tapis dans l'Atelier de la Dauphine fondé avec son ami Dumas. Des tapis qui en font un artiste reconnu et prisé.


         Les œuvres de Fayet sont représentées dans de nombreuses collections particulières, ainsi qu'au musée de Béziers (hôtel Fayet) et à l'abbaye de Fontfroide qui accueille une Salle Fayet depuis 2006.

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Au nom des pères, des fils et de leur esprit, un livre de Robert Cavalié


         L’ouvrage de Robert Cavalié paru aux éditions « Du Mont » reprend pour l’essentiel une série de chapitres publiés par Midi Libre, une sorte de feuilleton historique complété par quelques perspectives prospectives du devenir de la ville de Béziers, une ville au lointain passé de 27 siècles qui a toujours su rebondir et renaître telle qu’en elle-même.

         Du feuilleton, l’introduction de personnages imaginaires auxquels le lecteur peut s’identifier, qui de Bitus, professeur de rhétorique à Antoine introduisent une petite dose de romanesque laissant place à l’imagination. Mais pour l’essentiel, la geste de Béziers, une épopée historique, rigoureusement documentée, témoignant d’une vaste érudition et d’une rigueur historique certaine, se déroulant en dix-neuf épisodes aux titres souvent savoureux : « Et Aphrodise vint, le christianisme dans ses bagages », « Béziers ruinée, Béziers violée, Béziers martyrisée», « Quand Béziers se met à l’heure italienne », « La Révolution à visage découvert », « Le second empire… pile ou face », « Est-ce le châtiment, Dieu de la vigne et du vin », « Après avoir tant couru, Béziers fit une pause. Sans doute avait-elle besoin de souffler quelque peu… ».

         Mais au-delà du déroulement des multiples épisodes de l’histoire de Béziers, l’analyse de ce qui donne sa pérennité à la ville : un territoire. Un territoire qui s’étend des Monts de l’Espinouse aux rivages de la Méditerranée, des rives de l’Aude à celles de l’Hérault. Un territoire façonné par la géographie et par les hommes. Dans ce creuset, champ d’expérience et de créativité, se sont croisés, rencontrés, implantés et organisés des femmes et des hommes venus d’ailleurs, riches de leurs cultures, de leurs religions, de leurs civilisations. En apportant leurs différences, ils ont créé et sculpté le Biterrois.

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L’Edit de Béziers


Une conférence de Robert Cavalié

         Capitale des Montmorency depuis deux générations, la ville de Béziers en confortait sa situation politique et en retirait du prestige. D’où sa conduite particulière qui avait fait alterner la fidélité à l’ordre royal et sa contestation. Brusquement, le 22 juillet 1632, le gouverneur Henri II change d’attitude poussant les États qui n’avaient jusque là pensé qu’à une grève de l’impôt à une véritable guerre civile, une séparation du reste du royaume. Il intrigue avec le frère du roi, Gaston d'Orléans, héritier présomptif de la couronne jusqu’en 1638, année où Louis XIII eut un fils, qui le convainquit de soulever le Languedoc dans une révolte ouverte dont le but était la ruine du cardinal de Richelieu. C’est à Béziers que Gaston d’Orléans expédia ses maigres troupes levées aux Pays-Bas. C’est de Béziers que Montmorency partit en campagne avec de maigres troupes et sans appuis véritables. Il partit en campagne le 1er septembre 1632, non sans que Jacquette de Bachelier lui ait prédit : « Monseigneur, si vous passez l’Orb, vous êtes perdu. » Capturé les armes à la main au combat de Castelnaudary par Schomberg (1632), il fut, malgré de nombreuses interventions en sa faveur, notamment celles du pape et de Charles Ier d'Angleterre condamné à mort par raison d’État et décapité à Toulouse.

         Dès le 12 octobre 1632, se produit à Béziers, un événement qui réunit l’histoire nationale et l’histoire locale. Ultime reconnaissance de l’importance politique de la ville, l’édit de Béziers qui limite les privilèges de la province est signé dans l’église des Augustins. Le roi, la reine, deux cardinaux, dont Richelieu, le conseil royal, quatre maréchaux de France, trois secrétaires d’État, le surintendant des finances sont présents. La grande pompe qui entoure cette signature souligne d’une manière symbolique la toute puissance du pouvoir royal, l’évolution vers la monarchie absolue et vers un état moderne.

Les causes lointaines

         De cette évolution vers la monarchie absolue et vers un état moderne, Robert Cavalié expose les causes lointaines puis les causes immédiates. Dès François Ier, le royaume de France va s’ouvrir à un courant venu de Toscane qui se marque par la venue de Florentins et l’alliance avec l’illustre famille des banquiers Florentins. Henri IV épouse Marie de Médicis, reine de France de 1600 à 1610 qui après la mort de son époux en 1610 assure la régence au nom de son fils, Louis XIII, jusqu'en 1617. Elle favorise l’implantation à Béziers d’une dynastie d’évêques italiens, les Bonsi, destinée à s’assurer de la place de Béziers, de l’emprise de la main royale et de la fidélité de l'évêché à ne pas négliger dans une province réputée pour son caractère trempé à l’indépendance. D’où une conduite particulière qui avait fait alterner la fidélité à l’ordre royal et sa contestation. Une contestation toute relative tempérée par le loyalisme indéfectible des Bonsi.

         Avec Louis XIII et Richelieu se construit l’évolution vers la monarchie absolue et vers un état moderne qui implique le dépassement d’un territoire façonné par la féodalité, d’une société fonctionnant en forme de pyramide et de vassalité, de seigneurs vivant et régnant en province, jaloux de leur autorité et désireux d’échapper le plus possible à la tutelle royale.

Les causes immédiates

         Depuis les troubles religieux, les Biterrois avaient mesuré l’honneur et les avantages qu’ils pouvaient retirer de l’alliance avec les Montmorency, tout en tissant avec eux des liens de popularité et d’affection. Jusqu’en 1632, par fidélité au roi, Henri II avait joué le jeu de la monarchie cherchant à apaiser le mécontentement né de la mise en place des Elus par l’Edit de Nîmes, de la fusion de la cour des Aydes et de la cour des comptes, de l’opposition aux réformes des Etats, et des nobles, ecclésiastiques, grands bourgeois, oligarchies urbaines qui craignaient pour leur intérêt. Comme on l’a vu, le 22 juillet 1632, Henri II change d’attitude poussant les États qui n’avaient jusque là pensé qu’à une grève de l’impôt à une véritable guerre civile, une séparation du reste du royaume. Il intrigue avec le frère du roi, Gaston d'Orléans qui le convainquit de soulever le Languedoc dans une révolte ouverte dont le but était la ruine du cardinal de Richelieu. Louis XIII et Richelieu ne pouvaient laisser passer une telle rébellion et se devaient de châtier sévèrement les coupables : d’où la sévérité du châtiment infligé à Henri II.

         La chance de Béziers de jouer un grand rôle politique est alors passée. Cependant si c’est ailleurs que se manifestent les réalités du pouvoir : à Toulouse avec le parlement, à Montpellier avec l’intendant, à Pézenas avec les États, Béziers, toute indiscipline réduite, s’insère dans l’ordre royal définitivement établi et dans les structures de la monarchie absolue, dans les formes de l’état moderne. Et cela d’autant plus que l’existence du présidial de Béziers facilite l’accession des familles bourgeoises aux charges de cette juridiction et fait naître par les mutations qu’elle permet un besoin d’ordre et de stabilité.

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Une conférence de Michel Fournier : Chroniqueurs, voyageurs et historiens au début du XVIIe siècle


         A la césure du XVIe et XVIIe siècles, dans une période chargée d’événements importants - conflits religieux, tribulations politiques Languedociennes, remise en ordre de la monarchie - l’histoire racontée par des contemporains chroniqueurs, historiens, voyageurs, témoins précieux de la marche du temps à Béziers et dans le Biterrois. Une histoire racontée avec son talent de conteur et son humour par Michel Fournier.

         Aux yeux de ses visiteurs, en cette période, Béziers apparaît comme une ville assez grande, bien bâtie, au climat tempéré, bien située non loin de la montagne, environnée de terres fertiles, agréable où il fait bon vivre. Ville méditerranéenne, la cité maintient la tradition agraire d’une culture méditerranéenne produisant des céréales et variétés de blés, du vin et de l’huile. A cela s’ajoute l’élevage du bétail en particulier des ovins. Mobilisant le tiers de ses actifs dans les activités artisanales, la ville conserve un trait médiéval par le regroupement des artisans par activités et par quartiers. On y recense des potiers, des charpentiers, des maçons, des tisserands, des cordonniers, des tonneliers, des armuriers et des fabricants de poudre. Le marché hebdomadaire du vendredi attire « plusieurs marchands tant étrangers que autres de vingt et vingt-cinq lieues des environs ».

         Le pouvoir à Béziers se partage entre le roi, les consuls et l’évêque. Le roi est maître de l’impôt, de la justice, il dispose d’une armée de métier et de fonctionnaires ou officiers de plus en plus nombreux. Son autorité s’y exerce d’abord par la viguerie. Le viguier, représentant du roi jouit de pouvoirs étendus. Il préside avec le viguier épiscopal à la désignation des consuls, siège parfois avec eux, rend la justice en matière civile et criminelle soit en première instance soit en appel. L’évêque a l’avantage de séjourner à Béziers où 60% des biens lui appartiennent et d’être à la tête d’un diocèse important. Serviteur fidèle du roi, l’évêque fait preuve d’un loyalisme indéfectible à la royauté et contribue à la francisation politique de Béziers. Les consuls sont issus de la bourgeoisie. A travers le consulat qui forme l’armature de la société urbaine et s’appuyant sur les puissantes associations de métiers et sur la hiérarchie des échelles, changeurs, drapiers et merciers, associés aux chausseurs et corroyeurs, aux bouchers et pareurs, aux forgerons, meuniers et chaudronniers assurent la direction des affaires communes et accaparent les principales magistratures. Ils veillent à l’approvisionnement de la cité, à sa tranquillité, à sa salubrité et à la répartition de la taille et gèrent le budget de la cité avec rigueur, soucieux d’équilibrer les recettes et les dépenses et même de dégager un budget d’investissement.

         Un certain nombre de cérémonies propres à développer un goût pour l’extériorisation et la fête s’organisent alors à Béziers : cérémonies religieuses, processions annuelles, cavalcades fêtes profanes, comme les Caritats. Un goût du cérémonial qui atteint son apogée avec la visite durant l’été 1620 du roi Louis XIII qui séjourne alors à Béziers durant trois semaines. Le théâtre de rues est alors très prisé. Théâtre populaire, joué à même la rue, sur des tréteaux qui met en scène des personnages de la mythologie, du légendaire local, des figures emblématiques, dont les thèmes sont souvent empruntés à l’actualité et offrent l’occasion de brocarder les notables. 

         Béziers est une ville majoritairement catholique, où le protestantisme (légion à Nîmes et à Montpellier) est minoritaire. Sous l’influence des évêques, les fondations de couvents, confréries, institutions charitables s’y sont multipliés. La fondation la plus marquante, la plus significative des ambitions pastorales, de l’esprit de la ville et du temps est l’attribution à la compagnie de Jésus du collège de Béziers, mis en place en 1598 qui s’emploie à l’instruction de la jeunesse et bonnes mœurs, lettres et piété. La population se trouve ainsi insérée dans le maillage des pratiques religieuses qui empêchent l’implantation durable du protestantisme à Béziers.

         Aux troubles religieux, s’ajoutèrent les actions des Grands, souvent motivées par leurs ambitions personnelles, où la part de la religion n’était que secondaire et tendait à s’estomper. Cela se traduisit à Béziers par les conflits entre Montmorency et les Joyeuses qui fit apparaître avec plus d’acuité le rôle stratégique de Béziers. Qui tient Béziers tient le verrou Biterrois sur l’Orb entre l’est et l’ouest du Languedoc. Place de guerre des Montmorency, restée finalement fidèle au roi, ville fortifiée, remplie de soldats, dotée d’une citadelle, Béziers remplissait son rôle stratégique et jouait pour la royauté le rôle de verrou que François 1er avait pressenti. C’est ce qui explique en partie, la fermeté de la riposte royale et de Richelieu à la révolte du Duc de Montmorency.

         Depuis les troubles religieux, les Biterrois avaient mesuré l’honneur et les avantages qu’ils pouvaient retirer de l’alliance avec les Montmorency, tout en tissant avec eux des liens de popularité et d’affection. Capitale des Montmorency depuis deux générations, la ville en confortait sa situation politique et en retirait du prestige. Par fidélité au roi, Henri II de Montmorency avait joué jusqu’en 1632 le jeu de la monarchie cherchant à apaiser le mécontentement né de la mise en place des Elus par l’Edit de Nîmes, de la fusion de la cour des Aydes et de la cour des comptes, de l’opposition aux réformes des Etats, et des nobles, ecclésiastiques, grands bourgeois, oligarchies urbaines qui craignaient pour leur intérêt. Brusquement, le 22 juillet 1632, Henri II change d’attitude poussant les États qui n’avaient jusque là pensé qu’à une grève de l’impôt à une véritable guerre civile, une séparation du reste du royaume. Capturé les armes à la main au combat de Castelnaudary par Schomberg (1632), il fut, condamné à mort par raison d’État et décapité à Toulouse.

         Conséquence de la révolte du Duc de Montmorency, dès le 12 octobre 1632, ultime reconnaissance de l’importance politique de la ville, l’édit de Béziers qui limite les privilèges de la province est signé dans l’église des Augustins. Le roi, la reine, deux cardinaux, dont Richelieu, le conseil royal, quatre maréchaux de France, trois secrétaires d’État, le surintendant des finances sont présents. La grande pompe qui entoure cette signature souligne d’une manière symbolique la toute puissance du pouvoir royal, l’évolution vers la monarchie absolue et vers un état moderne.

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Rencontre de Justin Chareyre, Président de l’association Iliade


         L’association Réussir à Béziers a rencontré Justin Chareyre, Président de l’association estudiantine Iliade, pour mieux cerner le point de vue des étudiants du Centre Universitaire Du Guesclin, sur les formations qui leur sont proposées, sur l’établissement et la qualité de la formation qu’il assure et sur leur perception de la ville.

         L’association Iliade est une association apolitique qui a pour objectifs de représenter les étudiants auprès de l’administration, de la municipalité, de la présidence de l’université et de nouer des partenariats dans le domaine de la culture, des loisirs ou de l’économie et des contacts avec les lycées pour inciter les lycéens à s’inscrire au Centre Universitaire ou avec l’IUT pour des actions communes. L’association évite d’instaurer un climat de conflit et se veut une force d’écouter, de réflexion, d’études, de propositions.

         Justin Chareyre, qui souhaite devenir professeur d’histoire, dans un exposé clair, structuré et somme toute magistral, a pu faire mesurer aux membres de l’association la qualité de la formation qui est dispensée en histoire. Il les a beaucoup impressionnés et a donné une belle image de la qualité de la formation assurée à Béziers.

Des formations spécifiques

         En accord avec la Présidente de l’Université, plutôt que de chercher à dupliquer sur Béziers les formations montpelliéraines, le Centre Universitaire accueille des formations spécifiques telles que la Licence AES parcours MISASH (Mathématiques, Informatique et Statistique appliquées aux Sciences Humaines ) qui conduit à la gestion des entreprises, le Master de formation au professorat des écoles en partenariat avec l’IUT, la Licence Professionnelle Ressources documentaires et bases de données ce qui lui permet d’assurer un partenariat fructueux avec le CIRDOC, le Master 2 Professionnel Gestion de l'Information et de la documentation, le Master 2 Professionnel Tourisme dans le Développement Durable des Territoires. Un ensemble de formations qui concernent 850 étudiants et permettent une bonne insertion professionnelle.

         Une formation nouvelle et originale sera créée à la rentrée prochaine la licence de lettres modernes, arts du spectacle qui permettra d’initier une collaboration avec le conservatoire. A la rentrée prochaine 1 000 étudiants sont attendus, il en résulte qu’il sera nécessaire de prévoir à moyen terme la construction d’une aile supplémentaire pour conserver de bonnes conditions d’accueil.

Les avantages du Centre Universitaire

         Cet accroissement du nombre d’étudiants souligne les avantages du Centre Universitaire. La taille de la structure permet un meilleur accompagnement des étudiants, une correction plus précise et détaillée de leurs copies, une personnalisation de leur suivi et un taux de réussite supérieur à celui de Montpellier. Autre avantage, la vie étudiante est moins chère qu’à Montpellier, en particulier le prix des loyers. Le taux de boursiers est supérieur à celui de Montpellier. La proximité de la Médiathèque et l’effort réel qui y est consenti pour enrichir le fonds utile pour les étudiants permet de compenser les manques de la bibliothèque universitaire qui reste restreinte en volumes.

         La réussite est confortée par l’engagement de l’agglomération qui a recruté un certain nombre d’agents mis à la disposition du centre et qui assure le remboursement des frais de déplacement et alimentaires des professeurs.

         En phase avec une nouvelle génération de professeurs, Justin Chareyre et l’association sont très favorables à la création d’interfaces avec le secteur économique et les entreprises. Ils espèrent beaucoup du Conseil de site qui sera créé, véritable outil de gouvernance, qui devrait s’ouvrir au partenariat avec les organismes économiques et en premier lieu avec la CCI de Béziers Saint-Pons.

         En ce qui concerne la vision de Béziers, les étudiants du bassin de formation, comme leurs familles, sont sensibles à l’avantage des coûts et de la proximité. Comme l’ensemble des biterrois, ils ont un ressenti sécuritaire qui les préoccupe. Si bien qu’ils souhaiteraient la possibilité d’une plus grande proximité pour la location de logements. Dans le quartier, la chalandise estudiantine tend à se développer. Il paraît souhaitable que les horaires d’ouverture des magasins s’adaptent mieux aux horaires des étudiants.

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Dans la longue tradition du savoir de la cité : la Société archéologique, scientifique et littéraire


         L’association Réussir à Béziers a rencontré Henri Barthés et Gilles Bancarel. Henri Barthés paléographe, spécialiste des textes latins et romans des XI-XVIe siècles, Majoral du Félibrige titulaire de la Cigalo de la Narbouneso préside désormais la Société Archéologique. Il travaille actuellement avec le Professeur Peter Ricketts de l’Université de Birmingham à l'édition prochaine de la traduction en français du Breviari d’Amor de Matfre Ermengaud. Gilles Bancarel, l’un des grands spécialistes de l’abbé Raynal est l’archiviste de la Société archéologique.

         La tradition érudite est ancienne à Béziers, et les sources historiques montrent qu’elle y est présente dès le premier siècle. Une très longue tradition du savoir et du partage du savoir, dont témoigne entre autres, Matfre Ermengaud, avec son Brevari d’Amor, une œuvre unique en son genre. Henri Barthès et Gilles Bancarel dans un passionnant exposé à deux voix ont retracé l’historique de la société archéologique héritière de cette tradition et rappelé ses activités actuelles.

Dortous de Mairan et la société des sciences et des belles lettres de Béziers

         Né le 26 novembre 1678 à Béziers et issu du milieu du présidial, un Biterrois de grande stature allait occuper une place importante dans la République des Lettres pendant presque tout le XVIIIe siècle. Jean-Jacques Dortous de Mairan fit des études de grec à l’université de Toulouse avant d’aller étudier les mathématiques et la physique à Paris en 1698. Dès 1717, sur ses premiers travaux, son brillant esprit lui valut de siéger à l’académie de Bordeaux. En 1718, il fut élu membre de Académie Royale des Sciences dont il est devint secrétaire perpétuel en 1740 puis sous-directeur et directeur jusqu’en 1760. Il fut élu membre de l’Académie française le 16 février 1743 et membre de l’Académie de Rouen le 1er février 1758. Physicien réputé, philosophe et musicien, il devint le Directeur du Journal des Savants. Il appartint à presque toutes les sociétés savantes de l'Europe et fut l'ami et le correspondant des philosophes et des savants (Mairan fut l’un des six destinataires de la troisième édition des Principia de Newton en 1726).

         Vivant à Paris, il témoigna pendant toute sa vie un indéfectible et émouvant attachement à la ville. Lors d’un passage à Béziers, il fonda le 19 août 1723 avec l’avocat Antoine Portalon et le médecin Jean Bouillet la société des sciences et belles lettres de Béziers en présence de plus de vingt personnes distinguées et de l’évêque. Une fondation qui témoigne de l’existence à Béziers d’un cénacle d’esprits curieux déjà assemblés autour des abbés Chauchard et Caylus, de M de Popian, des frères Portalon. Dès la première séance de l’Académie, « pour associer à l’étude et unir plus étroitement par ce lien quelques uns de nos concitoyens dont les talents et les dispositions méritaient d’être connus…» se trouvaient rassemblés cinq magistrats, cinq membres du barreau, tous nobles, quatre médecins, cinq titulaires de fonctions publiques, huit membres du clergé.

         L’Académie qui comprenait deux sections, une section lettres et une section sciences bénéficia des conseils éclairés et de la direction intellectuelle de Mairan qui exhortait ses compatriotes à perfectionner leur savoir et à s’imposer à l’extérieur par leurs travaux. La section de lettres où l’on distingue Portalon, Lautrec, Domairon et l’Abbé de Caylus a laissé peu de traces, mais la section des sciences se manifesta par des travaux de médecine (Bouillet, Cros), de mathématique, météorologie, cosmographie (Guibal, Mairan). A travers son existence, on distingue dans la ville un groupe d’ecclésiastiques, de médecins, de membres du présidial s’efforçant de suivre le mouvement intellectuel de l’époque et prenant part à l’épanouissement des lumières. Parmi eux, les docteurs Bouillet père et fils participèrent à l’encyclopédie de Diderot.

         Les travaux de l’Académie semblent avoir été suivis attentivement et appréciés par le monde académique et scientifique, si bien que Béziers paraît avoir appartenu au monde très réservé des rares villes ayant un rayonnement scientifique reconnu : pour la France, Paris, Lyon, Bordeaux, Montpellier et, sitôt après Béziers.

La société archéologique

         Héritière de l’Académie de Béziers et créée en décembre 1834 à l’initiative de Pierre André Boudard, professeur au collège et des avocats Jacques Azaïs et Auguste Fabrégat, la Société Archéologique de Béziers devient la Société archéologique, scientifique et littéraire et se donne pour objectif l’érection de la statue de Paul Riquet, la remise à l’honneur littéraire de la langue d’oc et la publication d’études érudites sur l’histoire de la ville. Sous l’impulsion de Jacques Azaïs la langue d’oc est remise à l’honneur et le foyer biterrois de langue d’oc attire à Béziers d’autres auteurs occitans : J.-A Peyrotte en 1838, Jasmins en 1844 et 1847.

         Le 21 octobre 1838, la statue de Paul Riquet, œuvre du sculpteur David d’Angers sur une commande de la Société archéologique, scientifique et littéraire est inaugurée en présence du sculpteur qui avait consenti à travailler à bas prix et d’une foule considérable qui lui réserve, avec beaucoup de chaleur, de spontanéité, un accueil enthousiaste. A tel point que David d’Angers qui décore extérieurement par ses sculptures (et celles d’Hardoin) le théâtre de Béziers est depuis lors considéré comme une des célébrités biterroises.

         Outre l’érection de la statue de Paul Riquet qui a été le coup de maître de ses activités, ses activités se développent dans la remise à l’honneur de la langue d’oc comme langue littéraire, la création d’un concours en langue d’Oc qui suscite de nombreuses créations poétiques et dans la publication d’études érudites sur l’histoire de Béziers. En ce qui concerne l’occitan, il faut souligner le rôle de Jacques Azaïs et de son fils Gabriel. Le foyer biterrois de langue romane attire d’autres auteurs occitans à Béziers dont Mistral.

         A l’actif de la société, il faut citer l’édition d’un bulletin annuel qui lui valut d'être très remarquée et d'obtenir la protection de quelques membres distingués, tels les académiciens Viennet et Flourens. Elle contribua à la création du musée du Vieux Biterrois et du musée des Beaux Arts et à la reprise des fêtes de Saint Aphrodise en juin 1859. Depuis 1986, grâce à la volonté d'un autre bienfaiteur, le Dr L. Bergé, elle siège dans son hôtel, légué généreusement par le Dr L. Bergé à la ville. C'est dans les salons du rez-de-chaussée qu'elle accueille tous les jeudis les membres et les chercheurs étrangers et qu'ont lieu les causeries.

La société archéologique à l’aube du vint-et-unième siècle

         Actuellement, la société archéologique scientifique et littéraire continue la publication de ses cahiers : en 2010 : « La Société Archéologique de Béziers, les langues romanes, le Félibrige - Hommage à ses fondateurs J. Azaïs (1778-1856) et G. Azaïs (1805-1888) » ; en 2011 : « La cathédrale de Béziers au XVème siècle, son évêque G. de Montjoie, bâtisseur de la sacristie et de la bibliothèque,et découverte de la crypte en 1932 » ; en 2012 : « NEFFIES, toute une histoire, des origines au début de l'ère moderne ». Elle continue aussi ses publications spéciales. Ainsi parmi les dernières publications on notera :

      • Le dictionnaire des idiomes romans du Midi de la France de Gabriel Azaïs, par Christian Camps.
      • Languedoc et Roumanie : du Félibrige aux Rencontres en Méditerranée, par Adrian Irvin Rozei, d’origine roumaine.
      • Béziers, ses félibres et le Rouergue, par le majoral Georges Girard, évoqué ensuite par Gilles Bancarel.
      • Bibliographie de Jacques, Gabriel et Bruno Azaïs, par Gilles Bancarel.
      • L’évolution des Azaïs, notables fortunés et cultivés, aux XVIIIe et XIXe siècles, par Jean-Denis Bergasse.

         Au cours du premier semestre 2012, la société a programmé neuf conférences dont :

      • le 12 avril 2012 à 15h 15 aux Franciscains, une conférence de Bernard Pommier : Une histoire de la musique à Béziers, suivie d’une illustration musicale.
      • le 3 mai 2012 à 17h en l’Hôtel Bergé une conférence de Jean-Daniel Candeaux (Genève) : Jean-Jacques Dortous de Mairan au cœur de l’Europe scientifique.
      • le 31 mai 2012 à 17 h à l’hôtel Bergé : Découverte récente d’ouvrages hydrauliques souterrains antiques près de Béziers.
      • le 25 juin 2012 à 17 h au musée Saint Jacques à Béziers à l’occasion du vernissage de l’exposition co-produite par le Musée et la Société archéologique : La Société archéologique de Béziers d’hier à aujourd’hui - In mémoriam Jean-Denis Bergasse.
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