Béziers Méditerranée et le Biterrois en Europe
 

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Revue culturelle de Béziers Méditerranée et du Biterrois : culture, géopolitique, édition, histoire

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Les nouvelles de Béziers et l'actualité Biterroise

 

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Culture
Romanin  
Le dernier poilu : Lazare Ponticelli
Un couplet de Charles Coypeau d'Assoucy en l’honneur de la cité
Redécouvrir le théâtre des variétés
Deux chercheurs au CIRDOC pour l'édition prochaine de la traduction en français du Breviari d’Amor de Matfre Ermengaud
Un nouveau chantier de numérisation au CIRDOC
Lancement du concours d’affiche de la Feria 2012 de Béziers
Les grandes ambitions de Jean-Bernard Pommier pour les Franciscains
Géopolitique
Quelques aperçus sur le Biterrois
Vers la ville de demain
Repères

Castelbon de Beauxhostes : L’âge d’or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers

Guide de Béziers, Escapades en Biterrois
Peintres Biterrois
Gérard Calvet : Aspects de la femme
L’avenir de la maison natale de Jean Moulin
Redécouvrir Gaston Cugnenc, peintre et caricaturiste
Junior Sans, poète populaire et témoin de 30 ans d’actualité biterroise
La génération Y
Les œuvres poétiques de Robert Lafont à l’honneur au CIRDOC
Recherches archéologiques : le partenariat entre la ville et l’INRAP continue

 

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Sommaire
Index général

 


Géopolitique

 


Quelques aperçus sur le Biterrois


Réalité géopolitique du Biterrois

Un lieu de passage et de communication

         Béziers et le Biterrois situés dans le Midi Méditerranéen, région naturelle allongée de la frontière espagnole à la frontière italienne, constituent un lieu de passage, de transit et de communication sur l’arc Méditerranéen, sur l’itinéraire européen E80/A9 menant vers l’Italie, l’Europe du Nord à travers le couloir Rhodanien et la région Rhône - Alpes et vers l’Espagne. Ils sont reliés par la Porte d’Aquitaine, au bassin de la Garonne, à la France atlantique. Bénéficiant de nombreuses infrastructures routières, ferroviaires, fluviales et aéroportuaires, Béziers et le Biterrois sont bien reliés à l’ensemble de la Région Languedoc-Roussillon et aux régions avoisinantes. La liaison entre l’A75 et l’A9 qui se fera à Béziers ajoutera à ce réseau de communication un nouvel axe vital, irriguant le Massif Central et assurant de nouveaux échanges entre l’Europe et la Péninsule Ibérique. A l’intérieur même du Biterrois, le schéma rayonnant caractérisé par le nombre important de routes et de chemins facilite la communication avec la ville centre.

         Béziers, située au cœur du bas Languedoc, doit faire face à un défi majeur : la ligne de passage obligé formant un couloir doit non seulement traverser le Biterrois mais l’irriguer. Une irrigation rendue possible par la situation de la ville au coeur d'un complexe routier dont les capillarités irriguent l'ensemble de son environnement, la place de l'ancienne route royale (la 113-9) étant de ce point de vue plus importante que celle de l'autoroute A9 génératrice de simples traversées.

Une situation de carrefour, une ouverture sur l’extérieur et les échanges

         En principe, la géographie du Biterrois le prédispose aux migrations et aux brassages de culture voire de civilisations, et lui évite les enfermements. Sa situation de carrefour et de passage obligé l’ouvrent sur l’extérieur et aux échanges. A travers le temps, les voies que suit le trafic sont sensiblement constantes : la mer qui fait converger vers Agde, et vers d’autres embouchures tous les produits de la Méditerranée ; perpendiculairement, la voie héracléenne, enfin les routes de pénétration, vallées fluviales prolongées par des drailles, qui viennent s’embrancher sur elles. C’est la route qui a suscité et exalté le développement d’une ville comme Béziers. Car elle est à la fois un stimulant développant plus largement la vie sur ses bords et un lien économique et social fondamental pour l’équilibre du territoire.

         Il en est résulté une ouverture constante et pérenne aux rapports commerciaux attestée par l’histoire et alternativement des temps d’expansion et d’ouverture et des temps de repli. Dès le premier âge de fer, le Biterrois fut le centre d’un grand commerce à rayon d’action considérable. L’étain des Cassitérides (îles Scilly, îles de Grande-Bretagne, au large de la Cornouailles) y parvenait au terme d’un long parcours maritime et surtout terrestre. Des Grecs d’Orient, bientôt relayés par les Etrusques et les Marseillais, y vendaient leurs produits de luxe et s’approvisionnaient en produits essentiels pour eux. Deux voies reliaient à l’Espagne : l’une par mer, l’autre par terre. Cette dernière est bien attestée sous son nom mythique de route héracléenne, jalonnée par les oppida qui la bordaient. Le commerce (le négoce crée l’urbanisation) semble avoir joué un rôle déterminant dans la fondation à peu près simultanée des oppida. Grâce à son comptoir d’Agde, Marseille a pu développer une emprise économique (mais aussi exercer une influence grecque sur le plan technique et culturel) sur le Biterrois, sans empêcher cependant l’intensification de ses relations avec l’Espagne et le monde celtique.

L’intégration à des structures économiques plus amples

         L’histoire montre que la prospérité du Biterrois et de Béziers est très nettement liée à l’intégration de la région dans des structures économiques plus amples. Ainsi, les rapports étroits avec les Grecs, puis avec les Romains furent de puissants stimulants à la prospection de toutes les ressources naturelles et à leur exploitation plus intensive. Après la conquête romaine , l’axe privilégié des échanges fut celui qui reliait l’ensemble de la Province à l’Italie. Agde, joua d’abord par rapport à Béziers un rôle de tête de ligne, mais très vite, la proximité de Narbonne stimula et anima l’activité économique de Béziers. Béziers était ainsi située dans l’une des zones commerciales les plus animées de la Méditerranée occidentale et son territoire était parcouru d’axes économiques importants. Particulièrement dense, le réseau de communication permit la distribution des produits importés (céramique, vin et huile) et achemina vers le littoral les productions de la cité ou de ses voisins (denrées alimentaires, céréales, résine et ressources minérales), assurant ainsi un fret de retour aux navires de la Péninsule. La période impériale vit encore s’accroître les relations de la cité avec les provinces ibériques.

Le temps du repliement et de l’étiolement

         Le déclin du monde romain entraîna, au contraire, un repliement. Les liens progressivement distendus avec l’Orient conduisirent peu à peu à l’étiolement du commerce, au ralentissement des mouvements à longue distance, à un resserrement dans une aire plus étroite et à renforcer les contacts étroits entre la cité et sa campagne. Un repli encore accentué pendant le temps de l’Europe Féodale où la grande propriété, les domaines royaux les grands domaines ecclésiastiques constituaient la base d’une économie caractérisée par un commerce limité, les maigres capitaux du travail paysan n’étant guère investis d’une manière productive par l’aristocratie.

Le poids des infrastructures et des activités

         Entre 1150 et 1320, la France, enveloppée et pénétrée par les voies essentielles du trafic occidental, développa son activité commerciale. L’activité marchande, liée au développement de l’industrie et à l’accélération des valeurs ne cessa de se développer jusqu’à la fin du XIIIe siècle. Le fondement de ce développement industriel fut l’extension de la fabrication du drap. Si la fabrication du drap à Béziers était loin d’atteindre la dimension des principaux centres de tissage ou de teinture des draps, les drapiers furent nombreux dans la ville et produisirent des draps de bonne qualité moyenne. Il résulte de cette production prospère, comme de celle du travail du cuir, que la cité, ville industrielle, ne se trouvait pas éloignée des circuits commerciaux ou d’échanges. Il fallait, en effet, approvisionner les métiers en laine, se procurer dans les campagnes les matières colorantes et importer, depuis les rives orientales de la Méditerranée, l’alun, matière première essentielle, employée aussi bien dans le dégraissage de la laine que pour la fixation de la couleur et le dernier apprêt des étoffes. Les draps de Béziers se vendaient facilement, pas forcément auprès d’acheteurs locaux ou régionaux. Entre 1380 et 1401, un gros négociant de Prato en Toscane, en faisait acheter à Béziers même, aux foires de Pézenas et de Montpellier.

         Le Biterrois dut alors à sa situation de carrefour de se trouver à la croisée du trafic et des échanges. Grâce au pont, dont la présence est attestée depuis le douzième siècle, l’Orb n’était plus un obstacle dans la communication Est-Ouest. On passait par Béziers aussi bien pour rejoindre Narbonne que pour aller vers Carcassonne et Toulouse. Le fleuve offrait aux produits pondéreux, principalement aux charbons et aux pierres la possibilité d’un double cheminement, pour le remonter et le descendre. La plupart des chemins descendant de la montagne, souvent anciennes drailles, de Lodève ou de Faugères, passaient aussi par Béziers. Le trafic maritime international ou interrégional, assuré vraisemblablement par des Italiens, se faisait en passant par Montpellier (c’était la belle époque d’Aigues-Mortes) ou Narbonne à partir desquelles les marchandises étaient acheminées par des caravanes de mulets ou de chevaux. Par son intermédiaire étaient importés les produits d’Orient : épices, drogues, alun et étaient écoulés quelques produits de l’artisanat biterrois, en particulier du drap et de la toile. La vitalité commerciale est attestée dans le second tiers du XIVe siècle, par l’association entre des Biterrois, des Montpelliérains et des Narbonnais dans le trafic avec l’Italie Méridionale et le Levant. En outre, par les ports de Vendres et de Sérignan, le Biterrois était en relation avec les ports catalans. Le trafic régional de marchandises était lui-même dynamisé par la démultiplication des lieux et des occasions d’échanges par le foisonnement des foires dans tout le piémont héraultais : à Magalas, à Gabian, Saint-Thibéry, Clermont, Lodève, Servian, Pézenas, Montagnac. Bien qu’à l’époque, Béziers ne semble pas avoir obtenu sa foire, ses marchands, comme tous ceux des grandes villes languedociennes fréquentaient ces foires où ils trouvaient l’occasion de rencontrer des marchands étrangers.

         Nouveau moyen de communication, le canal des deux mers devait donner aux «Nations de toutes les parties du monde et de la France la possibilité de relier la Méditerranée et l’Océan en peu de jours et à peu de frais». Mais son but profond était de redonner une activité commerciale à toute la Guyenne et de promouvoir l’économie languedocienne, souffrant par isolement d’un manque de mise en valeur. L’apparition des premières barques souligna les atouts offerts par le canal. Au contact de la mer, ports et marchés étaient placés à portée de main. Le canal entraîna également une économie considérable des moyens de locomotion et permit de grandes possibilités d’exportation. Touchant à toute la vie commerçante d’une province, il suscita un élan nouveau, agglomérant autour de ses embarcadières entrepôts, magasins et maisons d’habitation, donnant partout des impulsions, provoquant un renouveau de la vie agricole et vinicole. Jusqu’à l’achèvement du chemin de fer, le canal fut le moyen de transport privilégié des vins et des alcools mais il ne semble pas que Béziers ait su pleinement saisir la chance que constituait cette artère construite par l’un des siens. On ne peut s’empêcher de penser que l’on eût été en droit d’attendre beaucoup plus de l’exploitation du canal, bel appareil technique chargé d’espérances économiques.

         Contribuant à la grande prospérité de Béziers et du Biterrois, les chemins de fer du second empire, l’ouverture en 1895 de la ligne Béziers-Neussargues-Paris développèrent les moyens de communication pour une marchandise pondéreuse et fragile, raccourcirent les distances et diminuant le prix du transport permirent avec le wagon-foudre, le transport rapide et à bas prix de grandes quantités de vins de table dans des régions de grande consommation telles que Paris, le Massif Central, le Nord, l’Ouest. Ce développement de la vigne entraîna à son tour le développement industriel en suscitant des activités autour de la production du vin, ou des investissements dans des activités industrielles différentes de la vigne.

         L'autoroute A9 qui relie Béziers à Barcelone et à Montpellier et qui permet à Orange le raccordement à l'A7 puis à l'A6 et l'accès direct à Paris, Lyon, Marseille, Milan génératrice de simples traversées ne semble pas avoir eu de retombées économiques fortes pour le Biterrois qu’elle n’a pas vraiment irrigué. Il faut espérer que le raccordement de l‘A9 et de l’A 75 dont la mise en service est prévue pour le premier semestre 2010, ajoutera à sa fonction de traversée une fonction d’irrigation, de désenclavement d’ouverture sur l’extérieur pour le Biterrois.

Le Biterrois est un espace naturel structuré en territoire par l’histoire

         Le caractère favorable du milieu naturel a permis très tôt une occupation de l’ensemble de l’espace Biterrois. Un espace dans lequel, l’absence de barrières naturelles favorisait une coexistence et rendait possible une structuration que les hommes ont ensuite construite. L’histoire a modelé le territoire et lui a donné ses premières permanences. Par vagues successives, les migrations, essentiellement Celtes, se traduisirent par une assimilation des communautés et par un brassage des cultures, des civilisations. Ainsi s’amorçait, dès ce lointain passé, un processus qui semble être resté pérenne tout au long de l’histoire du Biterrois.

         La domination des Volques imposa un ordre et un régime politique, l’apparition d’une nouvelle ville mieux ordonnée, d’une aristocratie militaire ou foncière. Constituant un tout, le territoire n’était pas isolé. Sa situation de carrefour ouvrait la voie aux échanges et tout d’abord aux échanges économiques. Le commerce et le négoce semblent avoir joué un rôle déterminant dans l’urbanisation. Ils permirent non seulement l’échange de marchandises mais aussi la sensibilisation à des influences extérieures s’exerçant sur le plan technique ou culturel, l’intégration à une aire d’échanges et le développement d’emprises économiques. Le territoire s’ouvrit à l’ordre économique et culturel méditerranéen et s’en imprègna avant d’avoir à subir son emprise politique.

         Cette structuration a été vraisemblablement favorisée par l’apparition de la ville centre, renforcée par l’emprise des Volques, située au coeur d’une voie de passage, s’affirmant comme une aire de pouvoir, d’influence, de régulation, développant un certain nombre de fonctions de relations, de redistribution, de commerce et de culture.

         Ainsi, à l’aube de la conquête romaine, à partir d’un espace naturel favorable à l’occupation humaine, le Biterrois s’est, autour de sa ville phare, structuré et a constitué un territoire et une identité. Ce territoire présentait une double attractivité, il jouissait d’une fonction stratégique qui lui permettait de jouer un rôle de marche-frontière et il bénéficiait d’une fonction de relation, due à son rôle de carrefour et de passage obligé, au coeur d’infrastructures routières, de pénétrantes routières et fluviales, d’une ouverture sur la mer. Cette fonction de relation lui évita un enfermement et un repli, lui assura un développement structurant et lui permit d’entrer en relation avec d’autres territoires, avec le bassin méditerranéen l’ordre économique et culturel méditerranéen, avec la Grèce comme avec Rome. Compte tenu de ce qu’il était, de sa position, de ses atouts, l’histoire rattrapa le territoire qui se trouva confronté à la colonisation de Rome dont il subit l’emprise politique.

         Les cadastres romains autour de Béziers eurent d’abord une fonction répressive et coloniale. Il assurèrent le respect effectif des décisions romaines, tout particulièrement pour le régime des terres. Mais ils assurèrent d’autres fonctions majeures, administratives et fiscales pour l’assiette et le recouvrement de l’impôt foncier dans le cadre municipal de la cité ainsi qu’un rôle économique en rythmant les étapes essentielles d’un dynamisme économique dont les ressorts majeurs étaient des réaménagements fonciers, des transferts de propriété, l’occupation de nouveaux terroirs, la maîtrise des problèmes de l’eau, la rationalisation de pratiques agricoles. Ils ont contribué à structurer le territoire autour de Béziers, lui ont donné sa véritable identité et renforcé sa position stratégique.

         Les étapes successives de la fresque historique du Biterrois et de sa ville centre, Béziers, traduiront les aléas de l’histoire et des différents pouvoirs politiques auxquels la cité devra se soumettre, quelquefois à son corps défendant, et souvent par choix. Jusqu’à nos jours, le Biterrois demeure un territoire structuré dont le schéma rayonnant révèle un pavage en aires emboîtées et hiérarchisées soulignant une polarisation qui s’appuie sur une série d’échanges, des liens jadis intensifs, en grande partie liés à la prospérité agricole, mais qui relient encore aujourd’hui la ville centre à son territoire Un territoire qui se fortifie par le sentiment d’appartenance et d’intégration à une même communauté.

         La Révolution en supprimant tout l’appareil administratif échafaudé depuis des siècles par la monarchie en le réorganisant de fond en comble, en adoptant le cadre du département, aurait pu consacrer Béziers comme chef-lieu du département. En fait, elle aura porté le coup de grâce aux prétentions de Béziers de jouer un rôle supérieur aux autres villes de sa taille. Une autre solution fut retenue en janvier 1790 créant le département de l'Hérault dont Montpellier serait le chef-lieu tandis que Béziers, plus modestement, serait le chef lieu de l’arrondissement Béziers-Saint-Pons. Décision capitale dont la ville a sans cesse souffert.

La réalité géopolitique du Biterrois

         Dans le Midi Méditerranéen, région naturelle allongée de la frontière espagnole à la frontière italienne, la géographie a fait du Biterrois et de Béziers un lieu de passage et de transit. L’histoire a permis la structuration de cet espace naturel et de ce lieu de passage, en territoire, le Biterrois, articulé autour de Béziers, sa ville centre. Ce territoire a acquis une identité fortifiée par deux logiques. La logique patrimoniale, dont les vestiges sont nombreux, témoignage d’une longue histoire qui en le façonnant lui donne sens. La logique institutionnelle, fruit de l’expression de la puissance publique qui a construit au fil du temps les relations avec le pouvoir central lui donnant un découpage administratif, un maillage local dense, appelé à évoluer, compte tenu des solidarités nouvelles telles que le SCOT du Grand Biterrois.

L’importance des infrastructures de communication

         La situation de passage et le rôle de carrefour du Biterrois expliquent que son développement économique et commercial puisse dépendre des infrastructures de communication comme des modalités de transport. Le Biterrois n’a pas su ou voulu tirer pleinement parti du canal des deux mers. Bien qu’elle ait pu engendrer l’installation et la création de zones d’activités dans son espace proche, l’autoroute A9, génératrice de simples traversées, a joué une fonction de passage et n’a pas véritablement irrigué le territoire. Par contre, le développement du Biterrois a su tirer parti du maillage routier, de sa situation au coeur d'un complexe routier dont les capillarités irriguent l'ensemble de son territoire, de l'ancienne route royale (la 113-9) dont la fonction économique s’est révélée plus importante que celle de l'autoroute A9. Regardant plutôt vers le couloir de passage installé dans la plaine, le Biterrois n’a pas pendant longtemps tourné son attention vers la mer.

         Les infrastructures, les modalités de transport, la mobilité, la vitesse, la multiplication des échanges imposent d’autres logiques de structuration. Le nouveau point de jonction entre l’A9 et l’A75 offre de nouvelles possibilités de structuration au Biterrois, mais on peut se demander si les retards successifs de l’arrivée de l’A75 ne les ont pas compromises. Avec la croissance du trafic poids lourds, le Languedoc-Roussillon se révèle un espace géographique privilégié sur l'arc méditerranéen, à proximité des grands axes de circulation. Il bénéficie d’une densité urbaine forte et de grandes agglomérations comme Nîmes, Montpellier, Béziers, Narbonne et Perpignan, qui jalonnent les autoroutes et forment une zone de grande consommation. Il en résulte qu’il est devenu un des pôles les plus performants de la logistique et de la distribution en Europe du Sud et pour la Méditerranée. Quatre grands pôles structurent l'espace logistique Languedoc-Roussillon. La plate-forme Pyrénées Méditerranée, Saint-Charles à Perpignan, spécialisée dans la logistique industrielle et dans le traitement des activités liées à la distribution de fruits et légumes. Le pôle Montpellier Sète Méditerranée qui a pour principale vocation le stockage et la distribution de biens de consommation et de production industrielle. Au cœur de la vallée du Rhône, Gard Industries spécialisé dans la logistique des entreprises industrielles. Enfin, le Triangle d'Oc, Béziers Narbonne, au croisement des grands axes internationaux et à proximité de trois autoroutes, l'A9, l'A61 et l'A75, qui devrait être un nœud logistique à forte possibilité de développement. On y trouve depuis peu, en réponse aux besoins de services liés à l’exigence de flux tendus, au carrefour de l'A9 et de l'A75, sur la zone d'activités de «Via Europa», le centre routier Truck Etap qui est le premier site totalement dédié aux camions et le premier projet de parking surveillé doté de services multifonctions des Autoroutes du Sud de la France (ASF).

Les potentialités du territoire

         Pour entrer dans des circuits commerciaux, il faut avoir quelque chose à vendre. Le vin et la viticulture ont fait, il n’y a pas si longtemps, la prospérité de Béziers. Ce secteur possède encore dans le Biterrois de belles potentialités. D’autres développement liés aux atouts du territoire sont prévisibles : l’industrie touristique, le packaging, le conditionnement, les énergies renouvelables et les services liés à l’accroissement de la population et aux migrations.

Un polycentrisme maillé

         Le développement et la prospérité économique du Biterrois ont toujours été liés à la capacité du territoire à s’ouvrir sur l’extérieur, à s’intégrer à des structures plus amples, à regarder vers le grand large. Les réseaux de communication lui permettent de s’intégrer plus ou moins étroitement à un chapelet de villes et d’agglomération. Le développement de Béziers et du Biterrois est profondément influencé par la métropolisation de Montpellier caractérisée surtout par la concentration autour de la capitale régionale des activités, en particulier des activités de commandement (économique, politique, culturel...) et des fonctions tertiaires supérieures. Une métropolisation qui entraîne des flux de migration pendulaire.

         L’ossature des échanges en Languedoc-Roussillon est structurée par l’axe de communication principal de l’Aquitaine à la Provence, entre l’Espagne et l’Italie que constitue le couloir du bas Languedoc où se situent les villes les plus importantes : Nîmes, Montpellier, Narbonne, Perpignan, et au delà, Barcelone avec lesquelles Béziers entretient des relations plus ou moins étroites. Dans ce couloir, les croisements sont devenus des carrefours : c’est ainsi qu’à Béziers, la N112 va de Béziers à l’Albigeois par Saint-Chinian, Saint-Pons, Castres ; et la D909 par Bédarieux atteint les hauts cantons, les pays de l’Orb et du Jaur. Située sur la ligne de fracture entre le grand Sud-Est et le grand Sud-Ouest, compte tenu de sa situation de carrefour le Biterrois peut en s’associant avec Narbonne et en reconstituant le Triangle d’Oc avoir l’ambition de s’ouvrir à la Méditerranée comme à l’Atlantique.

         Au delà du SCOT du grand Biterrois, l’intégration de l’agglomération Béziers-Méditerranée dans le chapelet de villes et d’agglomérations moyennes du Languedoc Roussillon est à rechercher. Un réseau régional constitué par un ensemble de SCOT du Gard, de l’Aude, des Pyrénées Orientales et de l’Hérault : Syndicat Mixte du SCOT du Biterrois, Syndicat Mixte du SCOT du Sud du Gard, Syndicat Mixte du Bassin de Thau, Syndicat Mixte du SCOT Plaine de Roussillon (Pyrénées Orientales), Communauté de Communes du Pays de l’Or, syndicat Mixte du SCOT de la Narbonnaise (SYCOT), syndicat Mixte du SCOT du littoral Sud (Communauté de Communes de la Côte Vermeille), Communauté de Communes du Lézignanais avait été constitué. Il serait fondamental qu’il devienne pérenne pour construire un polycentrisme maillé.

Béziers et le Biterrois dans la mondialisation

         Le devenir de la ville de Béziers, comme celle de son aire d’influence, le Biterrois, sont actuellement influencés par une mutation profonde de la société humaine, par le phénomène de la mondialisation. Au sens général du terme, la mondialisation constitue un processus et une réalité structurelle selon lesquels des phénomènes d’ordre politique, économique, environnemental, culturel tendent à acquérir une dimension planétaire. Plus étroitement, elle renvoie aux domaines économique et financier, où ses effets sont particulièrement sensibles. Elle débouche enfin sur une troisième signification : la globalisation appuyée sur la révolution des moyens de communication, l’organisation de réseaux de production transnationaux grâce à l’association de l’informatique et des télécommunications et à la circulation instantanée de l’information. Il en résulte que le processus de mondialisation abat tous les murs, décloisonne toutes les enclaves, s’intègre dans tous les espaces les plus intimes et les plus protégés. Béziers et le Biterrois n’y échappent pas, ils sont sensibles comme l’ensemble des territoires à une logique fonctionnelle qui les soumet aux règles de l’économie : mondialisation, métropolisation, mobilité, vitesse, multiplication des échanges qui créent d’autres logiques de structuration. Ils ne sont plus déjà des cadres où les choses se passent, mais où les choses s’inventent. Au sein d’une société ouverte sur le monde et intégrée dans l’Union Européenne, s’appuyant sur des dynamiques partenariales et contractuelles, l’enjeu pour le Biterrois est désormais de favoriser une organisation de qualité, appuyée sur un appareil de formation et des réseaux d’innovation, dotée d’un tissu productif diversifié, riche d’un environnement préservé et valorisé par le développement durable, animée d’une vie culturelle distincte lui permettant d’affirmer son identité, son image de marque, une visibilité et une notoriété internationales.

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Vers la ville de demain


         C’est devant une salle comble que s’est déroulée la table ronde organisée par les associations Béziers Premier et Réussir à Béziers sur le thème : « Vers un centre ville multipolaire » d’où l’on vient, où l’on va ? le jeudi 3 Décembre 2009 à 18 heures à la Chambre de Commerce et d’Industrie Béziers-Saint Pons.

         Durant la première partie de la table ronde, de nature historique, Michel Fournier et Robert Cavalié ont montré comment à partir d’un cadre géographique bien défini, d’un déterminisme physique, la ville de Béziers s’est longtemps définie dans un périmètre limité avant de prendre en compte, sous l’influence de l’âge d’or de la viticulture, un nouvel espace vers l’est entraînant le transfert des hommes et des activités vers les Allées et au-delà vers le péricentre. Après avoir balancé dans les années soixante, soixante-dix entre centre et périphérie, entre l’essaimage d’activités centrales jusque là concentrées et le retour vers le centre, le développement urbain s’est poursuivi d’une manière exclusive et excessive vers l’Est, vers la périphérie qui captent alors l’essentiel des fonctions économiques et de la fonction commerciale, concurrençant fortement dans ce dernier secteur la prospérité du centre ville.

         Affirmant avec force le projet urbain de la ville, ses directions essentielles, ses choix prospectifs, le Sénateur-Maire de Béziers, Raymond Couderc, a tracé à grands traits le cheminement urbain de Béziers, un cheminement maîtrisé vers une ville de dimension moyenne où la qualité de vie sera préservée.

         La ville de demain arrêtera son développement vers l’Est au delà de limites bien définies. Elle se rééquilibrera vers l’Ouest vers le Gasquinoy et le Pech de Fonseranes. L’enjeu principal sera la densification du centre ville, de reconstruire la ville sur la ville, de récupérer le bâti ancien en centre ville, de consommer moins et mieux d’espace. La tâche est immense et elle se poursuit depuis quinze ans. Son ampleur se traduit par un certain nombre de chiffres : 21 000 mètres carrés de réhabilitation avec la loi Malraux, 272 logements, 55 chantiers privés, 1258 logements sociaux réalisés en centre ville, 12 millions d’euros investis dans les espaces publics. Mais cette reconquête n’est qu’au milieu du gué et il faut la poursuivre d’une manière affirmée et pérenne. Elle s’est affirmée par la double polarisation sur les espaces Du Guesclin et l’Hours Wilson qui élargissent la centralité de la ville.

         Auparavant, Henri Dorne et Edouard Bertouy avaient centré leurs interventions sur le quartier Hours-Wilson et sur le quartier Du Guesclin.

         Illustrant ses propos par un certain nombre de photographies et de plans et présentant l’avancée des travaux, Henri Dorne a souligné les différents aspects du nouveau pôle : un centre commercial à ciel ouvert « Le Polygone Rive-Gauche » où se trouveront de nombreux commerces, un multiplexe cinématographique, des restaurants, un bowling, de nombreux logements et des bureaux. Traduisant le souci d'éviter l'évasion commerciale des consommateurs vers Montpellier et Narbonne, le pôle développera une offre large et de qualité, destinée à pallier le sous-équipement de Béziers en matière d'enseignes nationales. Il devrait intéresser un bassin de clientèle d'environ 400 000 personnes et attirer vers Béziers des chalands en provenance de villes voisines. La construction de bureaux répond à la tertiarisation de l'économie biterroise et à l'accroissement du secteur des services. A proximité, une résidence touristique de haut de gamme est programmée. La nouvelle Cité Judiciaire qui quittera le Palais des Évêques près de la cathédrale Saint-Nazaire, trop à l'étroit dans ses murs pour une ville comme Béziers, sera construite elle aussi à proximité.

         Parlant du pôle Du Guesclin, Edouard Bertouy a rappelé le choix stratégique de la ville, puis de l’agglomération d’implanter sur l’espace de l’ancienne Caserne et du Champ de Mars, en centre ville et non en périphérie, un espace de polarisation à partir de deux fonctions la fonction culturelle et la fonction universitaire. Il a analysé la dynamique qui a permis de constituer ce nouveau pôle de centralité. Soulignant le caractère ouvert de cet espace, dont la vocation est de nouer de nombreux interfaces, son image de marque, son rôle de parking de stationnement (avec le nouveau parking), sa proximité avec les Allées Paul Riquet, sa desserte par la navette gratuite du centre ville, il a considéré que le Quartier Du Guesclin constituait un pôle complémentaire du centre ville historique. Un centre ville qui en se dilatant et en se restructurant avec le pôle Du Guesclin et le pôle Hours-Wilson est devenu multipolaire.


Redécouvrir le théâtre des variétés


Redécouvrir le théâtre des variétés sur internet

         Dès le décret de 1864, instituant la liberté des théâtres, s'élève, rue du Temple, à proximité de la promenade un lieu de divertissement appelé Casino musical qui présente, dans un cadre agréable et élégant, des spectacles de café-concert, avec un bon orchestre, des artistes de talent et des consommations plus que satisfaisantes.

         Lors du changement de direction, Le Casino musical devient Alcazar lyrique dans une nouvelle décoration et une ordonnance nouvelles réalisées sous la direction de l'architecte Carlier. Cet établissement présentera alors des spectacles de variétés, chanteuses de beuglant, comiques, danseurs et autres attractions. Considéré très vite comme un lieu où l'on ne va pas en famille, sa réputation restera sulfureuse par la présence permanente de demi-mondaines, du cercle de jeu et les rencontres galantes que l'on y faisait grâce aux loges habilement construites pour n'être point vu du reste de la salle...

         En février 1904, le directeur, Arnaud, annonce la construction d'une nouvelle salle le Théâtre des Variétés. L'Alcazar, démoli en avril-mai, laissa la place à la nouvelle salle, construite sur les plans de l'architecte Harrant qui donna son premier spectacle en octobre 1904. Elle est alors décrite comme de style Louis XVI rajeuni dans les teintes blanc, bleu et or avec promenoir, palmarium, restaurant, salle des fêtes, terrasse sablée fleurie, jardin suspendu. L'éclairage y était de fleurs électriques, intégrées dans la décoration des balcons et des piliers. Dans les dépendances, et le foyer, le décor en plume de paon dominait.

         La première saison voit triompher des opérettes du répertoire, mais aussi des opéras-comiques. Cependant, dès 1905, vu les difficultés financières, la programmation se tourne résolument vers les spectacles de variétés et les attractions.Entre les deux guerres, triompheront les plus grands artistes de passage.

Le théâtre lyrique

         Conçu primitivement comme un théâtre lyrique, consacré à l'opéra-comique et à l'opéra-bouffe, comme une doublure, voire un concurrent du Grand-Théâtre, les circonstances économiques liées à l'exploitation d'un théâtre privé, mais aussi la crise de 1907, obligeront les directeurs à ouvrir leur programmation à des genres très divers, incluant les spectacles d'attractions, de chansons, des présentations équestres et de divers animaux, trapézistes...

         Cependant, la programmation lyrique persistera jusqu'à la première guerre avec la présentation d'ouvrages d'Offenbach et autres compositeurs français, mais aussi une ouverture vers les ouvrages viennois - fort appréciés, sans cependant renoncer définitivement à l'interprétation d'œuvres qui nous paraissent très audacieuses sur une telle scène (Carmen, par exemple...).

         Parallèlement, la scène des Variétés accueille les artistes du moment : Dranem, Gabin, Chevalier, Le Chat Noir, Yvette Guilbert, sans oublier le fait que Otero avait débuté sur cette même scène, alors qu'elle portait encore le nom d'Alcazar.

         Consulter la programmation des Variétés entre 1904 et 1913 : http://www.theatre-varietes-beziers.net/programmation.htm

Le cinéma
 

         Le cinéma a fait son entrée aux Variétés dès les premières années de l'existence du Théâtre, tout d'abord comme attraction, puis comme entr'acte ; enfin comme une programmation incluant le Pathé-Journal, des documentaires, et, vers 1912, des séances entières en alternance avec les représentations lyriques et le music-hall.

         A partir des années 50, il devient presque exclusivement une salle de cinéma, présentant des films en première exclusivité, destinés à demeurer à l'affiche plusieurs semaines avec une grande affluence (La vache et le prisonnier, La grande vadrouille, etc.).

         Couplé, à partir de 1942, avec une nouvelle salle, le Rex, construite par le toulonnais Combrier sur l'emplacement du café-restaurant et de la salle de jeu - détruits à cet effet - sous une même direction, les années 60 verront l'apogée de ce complexe cinématographique unique en ville. Une troisième salle, le Lux, dédiée aux westerns et autres films pour la jeunesse viendra s'adjoindre rapidement. Le Rex fut la seule salle à proposer des films réalisés en 70 mm avec son son stéréophonique sur écran courbe. Il ferma de manière sinistre après une période porno...

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Le dernier poilu : Lazare Ponticelli


Une conférence de René Gualino

         Le 17 mars 2008, René Gualino assiste dans la galerie Ouest de la majestueuse cour des Invalides aux obsèques de Lazare Ponticelli, le dernier poilu. Il y entend le Président de la République affirmer que l’hommage solennel que la nation rend à Lazare Ponticelli est un hommage à tous ses camarades de combat, ses frères dans la douleur et la souffrance, un hommage solennel rendu à ceux qui ont fait le guerre. Puis, l’éloge funèbre de Max Gallo qui célèbre la valeur de l’homme : en effet, Lazare Ponticelli est bien plus que le dernier survivant sur notre sol des combattants de la première guerre mondiale. Il nous rend fier, , par toute sa vie, d’être son frère humain. Parce que son destin se dresse contre l’égoïsme, la passivité, la soumission, le désespoir, son destin est un appel à la volonté, à la modeste grandeur de l’homme, à l’héroïsme quotidien.

         René Gualino ne manque pas d’être touché par la cérémonie et l’homme à qui elle rend hommage pour de nombreuses raisons. Parce que la vie de Lazare Ponticelli est un formidable exemple. Et aussi parce que Lazare né italien a émigré en France, comme l’avait fait en 1925, à dix-sept ans, le père de René Gualino en franchissant la frontière d’un pays qu’il a profondément aimé.

         Lazare Ponticelli en franchissant la frontière s’inscrit dans le cadre de l’émigration, conséquence de l’unité italienne définitivement acquise en 1871 qui paradoxalement en cassant les structures traditionnelles enclenche une émigration de grande ampleur dans laquelle hormis le continent américain, la France est la destination préférée, celle du cœur. Lazare naît en 1897 dans une famille pauvre de huit enfants dans un hameau de montagne près de Bettola (nord de l'Italie), une famille qui connaît l’extrême pauvreté, la misère et pour laquelle la France est un paradis. Plus particulièrement Nogent-sur-Marne où réside à l'époque une importante communauté italienne sachant mettre en œuvre la solidarité entre les migrants italiens. En 1907,à neuf ans, il quitte son Émilie natale, débarque seul gare de Lyon, enfant perdu, illettré ne connaissant pas un mot de Français, recueilli par les Italiens de Nogent. Volontaire, il accepte tous les petits métiers, mais à force de ténacité, de courage, d’ingéniosité, d’anticipation, il parvient à créer dès 1913 son entreprise avec Pierre Pécuri, fils d’italien, mais lui-même français avec qui il décide de créer une entreprise de ramonage et de fumisterie. Après la guerre, Lazare reprend avec son frère, Céleste, les activités de fumisterie, ramonage, entretien de cheminées. Ils créent en1921 la société Ponticelli frères et élargissent leurs activités : montage et entretien de cheminées industrielles, tuyauterie, mécanique, chaudronnerie. Le grand coup d’accélérateur viendra en 1927 de l’industrie pétrolière qu’ils vont accompagner dans de nouvelles installations de raffinerie. Ponticelli frères est devenue une grande entreprise qu’ils transforment en société anonyme en 1932.

         Comme si c’était naturel, lorsque la guerre survient,Lazare maquille son âge pour s’engager dans un régiment de marche de la Légion Étrangère. : « j’ai voulu défendre la France parce qu’elle m’avait donné à manger, c’était une manière de dire merci ». Dès lors, il vit la guerre dans tous ses aspects : les tranchées, les gaz, les combats.

         Il faut dire, que Lazare n’est pas une exception. Parmi les 32 000 étrangers qui ont servi dans les armées françaises, les italiens représentent le contingent le plus nombreux. Lointain prolongement de l’unité italienne que la France avait favorisée et illustration de la geste Garibaldienne à travers l’engagement aux côtés de la France des Garibaldiens de 14 composés pour moitié des Italiens originaires d’Italie et des Italiens immigrés en France et toute une frange d’Italiens venus du reste du monde : d’Afrique du Nord, d’Angleterre, de Pologne, d’Amérique latine, d’Uruguay. Une véritable tour de Babel où l’on parlait toutes les langues, où les patois italiens se mélangeaient. Des hommes engagés par idéal et qui se battent par amour de la France mais non par haine de l’Allemagne, par soif d’aventure, par attachement à la patrie des droits de l’homme, à la culture latine, berceau de la civilisation.

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Un couplet de Charles Coypeau d'Assoucy en l’honneur de la cité


         Poète et luthiste français (Paris 1605 – id. 1677). Personnage pittoresque, il voyagea beaucoup en France et en Italie et connut une vie riche en aventures. Il fut au service de Louis XIII (1635) et de Louis XIV (1653). Poète burlesque, il s'apparenta par son style à Scarron. Compositeur, il écrivit la musique d'Andromède de Corneille et plusieurs ballets. Il mettait lui-même ses nombreuses chansons en musique, mais la plupart de ses partitions sont perdues.

         Ayant séjourné à Béziers, il a composé un couplet en l’honneur de la cité :

Cette ville est très belle et bonne,
Et son muscat est bel et bon
Elle est gentille, elle est bouffonne,
On y boit en toute saison
On y chante, on y carillonne
Et soir et matin on y donne
Colles1 de Béziers à foison.

1) Colles : blagues, joyeusetés, fourberies

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Deux chercheurs au CIRDOC pour l'édition prochaine de la traduction en français
du Breviari d’Amor de Matfre Ermengaud


        Comme on le sait à Béziers et un peu partout dans le monde entier, le CIRDOC, (Centre Inter-Régional de Développement de l’Occitan) est à la fois une Médiathèque à vocation interrégionale exclusivement consacrée à la langue et à la culture occitanes et une vitrine de l’identité occitane. Il dispose de fonds d'une richesse exceptionnelle sans équivalent dans le domaine de la langue occitane, tant par la quantité que par la variété des documents conservés. La qualité de son fonds est reconnu par la Bibliothèque nationale de France : en effet, le CIRDOC est devenu un pôle associé de la Bibliothèque nationale de France pour la « Langue et la civilisation occitanes ». Cette richesse exceptionnelle lui vaut d’être fréquenté par des chercheurs du monde entiers venus de Louisiane, du Canada, d’Allemagne, d’Autriche, du Japon.

        Et en effet, dans sa lettre d’octobre, le CIRDOC indique que le Professeur Peter Ricketts de l’Université de Birmingham et le Majoral Henri Barthès, président de la Société archéologique de Béziers, travaillent au CIRDOC même pour l'édition prochaine de la traduction en français du Breviari d’Amor de Matfre Ermengaud, moine franciscain qui fit émerger et illustra la langue occitane en composant un immense poème de 34 000 octosyllabes qui propose une interprétation du monde, synthèse de technologie et de tradition occitane.

        Le professeur Peter Thomas Ricketts, qui a longtemps enseigné à l'Université de Birmingham et au Westfield College de Londres, a joué et joue un rôle considérable dans le développement des études occitanes. Il a été, en particulier, le président-fondateur de l'Association internationale d'études occitanes (AIÉO) qu'il a animée durant plusieurs mandats et à laquelle il continue de collaborer fortement, notamment par d'abondantes publications. Il a donné de nombreuses conférences sur le Breviari d’Amor.

        M. Henri Barthés, qui préside désormais la Société Archéologique, est paléographe, spécialiste des textes latins et romans des XI-XVIe siècles, historien médiéviste du biterrois. Il est également depuis le 11 juin 2011 Majoral du Félibrige titulaire de la Cigalo de la Narbouneso, ce qui renforce les liens institutionnels avec le Patrimoine de langue d'Oc et le Félibrige. Il est membre-correspondant de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, et des Sociétés Archéologiques de Montpellier et des Hauts Cantons de l'Hérault, de la Commission Archéologique de Narbonne. Rappelons qu’Henri Barthés est l’auteur de Études historiques sur la langue occitane.

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Un nouveau chantier de numérisation au CIRDOC


         Dans le cadre de leurs missions scientifiques et culturelles le CIRDOC et la Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers ont lancé un chantier de numérisation consacré à la mise en valeur du fonds de manuscrits du « Concours de Langue Romane » organisé par la Société Archéologique de Béziers depuis 1838 qui étaient conservés par la Société archéologique de Béziers. Des manuscrits qui représentent près de 150 ans de vie littéraire en langue d’oc et constituent les premiers témoignages du réveil de la langue et de la littérature méridionale à l’aube du XIXe siècle.

         La Société archéologique de Béziers dès 1838 a lancé le concours littéraire annuel consacré « à la meilleure pièce de vers en l’honneur de Pierre-Paul Riquet ». Dès lors, elle proposera un prix spécial chaque année, récompensé par une couronne et une branche de laurier en argent, aux auteurs des deux meilleures pièces de vers patois. Le recueil de ceux de ces poèmes qui auront obtenu un prix ou une mention honorable sera imprimé. Ce recueil où seront présentés tous les idiomes de l’ancienne langue d’Oc fixera d’ailleurs l’état actuel de la langue Romane dans les pays méridionaux, et ouvrira un vaste champ aux recherches et aux explorations aux linguistes

         Le concours de Langue romane de la Société archéologique de Béziers durera de 1838 jusqu’en 1980. Ouvert à toutes « les pièces en vers patois ou romans, les idiomes de tous les départements de la France, compris entre les rives du Var et les bords de la Gironde, il archivera dans les archives de la Société de petits chefs d’œuvre, écrits dans tous les dialectes de la langue romane » qui correspondent à plus d’un millier de pièces manuscrites inédites.

         Le chantier en cours mené sur les manuscrits du « Concours de Langue Romane » en partenariat avec le Centre Du Guesclin de l’Université Paul Valéry Montpellier III, par la participation de quatre étudiants en Master 2 Documentation, a pour objectif d’assurer une meilleure conservation et une meilleure communication des textes reçus à ce « Concours de Langue Romane » conservés par la Société archéologique de Béziers et de les verser dans Occitanica la bibliothèque numérique occitane mise en place par le CIRDOC.

         La numérisation, qui ne sera terminée qu’en fin d’année 2012, représente un énorme capital linguistique. Elle sera accessible et consultable sur le site Occitana, la grande bibliothèque numérique portée par le CIRDOC.

         Rappelons que le CIRDOC, Centre Inter-Régional de Développement de l’Occitan, est à la fois une Médiathèque à vocation interrégionale exclusivement consacrée à la langue et à la culture occitanes et une vitrine de l’identité occitane. Il dispose de fonds d'une richesse exceptionnelle sans équivalent dans le domaine de la langue occitane, tant par la quantité que par la variété des documents conservés. La qualité de son fonds est reconnu par la Bibliothèque nationale de France : en effet, le CIRDOC est devenu un pôle associé de la Bibliothèque nationale de France pour la « Langue et la civilisation occitanes ». Cette richesse exceptionnelle lui vaut d’être fréquenté par des chercheurs du monde entiers venus de Louisiane, du Canada, d’Allemagne, d’Autriche, du Japon.

         Centre Inter-Régional de Développement de l'Occitan(CIRDOC) 1bis Boulevard Bertrand Du Guesclin BP 180 - 34503 BEZIERS cedex - Tél : 04 67 11 85 10 Site Web : http://www.locirdoc.fr/E_loblog/CirdocAccueil.php

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Lancement du concours d’affiche de la Feria 2012 de Béziers

         A partir du lundi 23 janvier 2012 , la ville de Béziers renouvelle son concours pour la réalisation du visuel de l'affiche de la Feria ouvert aux artistes amateurs et professionnels du Languedoc-Roussillon, ce concours avait attiré 180 candidats. Ce visuel créé pour représenter la Feria de Béziers 2012, devra être représentatif des six jours et six nuits de fête qui embraseront Béziers et ses Arènes du 10 au 15 août 2012 et des cultures du sud des personnes désireuses de faire la fête à Béziers. La date limite de réception des projets est fixée au vendredi 23 mars à 17 heures.

         Envoi direct au service Culturel de la Ville (rue du Puits de la Courte, Square Jean Gailhac à Béziers) ou par envoi postal à l’adresse précédente.

         Le règlement complet du concours de l'affiche de la Feria de Béziers 2012 est disponible en téléchargement en cliquant ici ou dans la rubrique Téléchargement ou sur demande au service Culturel de la Ville de Béziers au 04 67 36 82 30.

         Le site de la ville de Béziers http://www.ville-beziers.fr/actualites/fiche.cfm?num=1425
         Le règlement complet du concours de l'affiche de la Feria de Béziers 2012
         http://www.ville-beziers.fr/dyn_img/fichier_571.pdf

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Les grandes ambitions de Jean-Bernard Pommier pour les Franciscains


         A la tête de « l’ensemble des Franciscains » (le théâtre et le Cloitre) Jean Bernard Pommier, qui a signé une convention avec la ville de Beziers, a installé les deux associations BML (Béziers Musikè en Languedoc) et AMA (Académie Musikè Association) pour faire des Franciscains un haut lieu de l’art et de la création artistique.

         Les Franciscains, c’est avant tout un théâtre doté d’une salle de 320 personnes à l’acoustique exceptionnelle (résonance, harmonique, symphonique) où l’on fait venir les plus grands artistes: Duanduan Hao (piano), Anne Queffélec (piano), Maurice Bourgue (hautbois) ou encore le Slovak Sinfonietta Orchestra. C’est aussi une résidence installée dans l’ancien cloître où des artistes et des troupes venus du monde entier peuvent s’adonner à la création en disposant en plus du théâtre, des salles de répétitions, des chambres et d’un espace de restauration.

         S’appuyant sur les deux associations BML (Béziers Musikè en Languedoc) et AMA (Académie Musikè Association), Jean-Bernard Pommier articule autour de trois grands axes « AMA Classique » « AMA Variété » et « AMA Jazz » des concerts, des Masterclasses, des manifestations théâtrales et des expositions qui ont l’ambition de faire rayonner les Franciscains par la Musique et l’art.

         Mais aussi, Jean Bernard Pommier aspire à renouer avec le glorieux passé lyrique de la ville de Beziers en honorant les artistes, hommes et femmes qui ont marqué leurs temps et leurs époques. Il s’agit de rendre hommage aux créations de Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Déodat de Séverac, ou bien encore Yves Nat le grand pianiste né à Béziers qui fut l’un des maîtres de Jean-Bernard Pommier. Les grands mécènes qui ont apporté l’universalité à Beziers seront aussi à l’honneur : Fernand Castelbon de Beauxhostes, le grand ordonnateur de l’âge d’or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers et Gustave Fayet, l'un des premiers collectionneurs et protecteurs des œuvres de Gauguin, Picasso, Degas, Manet, Monet, Pissarro, et tant d’autre.

         La Musique et l’art seront célébrés à chaque manifestation et servis par les plus grand maître. Cette ouverture sur le monde musical est proposée au public biterrois et également aux stagiaires des masterclasses qui durant une semaine de vie sur le site (où ils sont hébergés et nourris) viennent profiter de l’enseignement d’un musicien de renommée internationale choisi parmi les plus grands dans leurs disciplines. Des masterclasses, que l’on peut voir évoluer au cours de la semaine grâce aux masterclasses ouvertes aux publics, se terminent par un concert donné par les disciples puis le jour suivant, par le concert du grand Maître.

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Le guide de Béziers, escapades en Biterrois de Michel Fournier
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Guide de Béziers Escapades en Biterrois de Michel Fournier Editions du Mont. Le livre coûte 15 € il est disponible en librairie, aux Éditions du Mont 4, rue Frédéric Mistral 34370 Cazouls-les-Béziers (tél : 04 67 30 81 45) ou sur le site :
http://www.editionsdumont.fr

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Castelbon de Beauxhostes

L’âge d’or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers

 

 

Catelbon

 

         Après le Guide de Béziers, escapapades en Biterrois de Michel Fournier, Robert Taurines et les Éditions du Mont publient un nouvel ouvrage qui fera revivre à ses lecteurs l’âge d’or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers :« Castelbon de Beauxhostes, l’âge d’or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers. »

         Une publication abondamment illustrée par plus de 150 images, photographies, documents rares, cartes postales de l’époque qui font prendre conscience de l’énorme succès et de l’accueil enthousiaste que recueille le spectacle populaire donné aux arènes où les artistes les plus prestigieux de Paris ou de la Scala de Milan se produisent. Des arènes dont la merveilleuse acoustique a séduit Camille Saint-Saëns et rendu possible une admirable aventure lyriqe, fixant le cadre de décors immenses, gigantesques, grandioses qui par leur naturel séduisent et impressionnent les spectateurs.

         Un mécène, Fernand Castelbon de Beauxhostes, dont le nom résonne dans les arènes de Béziers comme le renouveau de la fête populaire, en est le grand ordonnateur. Son mécénat conduit à la participation active de la population biterroise, à la création et la représentation d’œuvres lyriques nouvelles de qualité dont l’originalité fait naître une forme de spectacle total. Béziers se projette ainsi dans une aventure lyrique qui lui apporte une formidable réputation de ville de spectacles et de plaisirs.

         Les confidences de son fils, Eugène, dit « Zézé », recueillies par Jacques Nougaret, donnent une touche personnelle et émouvante à travers quelques souvenirs personnels et des anecdotes vécues par son père.

         Mais, en arrière-fond c’est la ville de Béziers qui occupe une place centrale. Une ville qui puise dans son lointain passé, dans son art architectural, dans sa Cathédrale Saint-Nazaire, temple des cérémonies, dans sa tradition festive de fête totale, le sens retrouvé de la fête. Une ville portée par cette tradition, par la prospérité du territoire, par le goût et l’amour de la fête des Biterrois qui révèle ainsi son identité culturelle et sociologique.


Castelbon de Beauhostes L'âge d'or du spectacle lyrique aux arènes de Béziers d'Édouard Bertouy, Jacques Nougaret et Robert taurines, Editions du Mont. Le livre coûte 25,50 €. Il est disponible en librairie, aux Éditions du Mont 4, rue Frédéric Mistral 34370 Cazouls-les-Béziers (tél : 04 67 30 81 45) ou sur le site :
http://www.editionsdumont.fr

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Gérard Calvet : Aspects de la femme


         Né en 1926 à Conilhac-Corbière (Aude), Gérard Calvet fréquente les Beaux-Arts de Paris en 1945. D’abord sous l’influence des post-cubistes, des expressionnistes et de l’École de Paris, il peint avec réalisme et empâtement, dans des dominantes ocre et brunes. Son retour à Montpellier en 1952 puis son adhésion au Groupe Montpellier-Sète signent le grand tournant de son style : il y redécouvre la force de la lumière du Midi, confirmant ainsi sa vocation de peintre de genre.

         Son univers artistique qu’il explore sous le terme de Grand Sud comprend des paysages sauvages de terre et de mer, des scènes de vie quotidienne d’un Languedoc actuel ou disparu, des cités emblématiques, des natures mortes, des mises en scène de la féminité ou des portraits de ses proches. Ses toiles, gorgées de couleurs et de soleil, sont autant de témoignages, de célébrations éclatantes de l’abondance méditerranéenne. Une quête incessante du vivant, de l’authentique et de la lumière qui l’emmènera puiser les essences vierges de l’ailleurs, aux confins des Suds européens, des Amériques ou de l’Asie.

         Ce sont ces mises en scène de la féminité, le thème de la femme nue intégrée dans un paysage ou un intérieur qu'il a choisi de présenter à Béziers. Gérard Calvet aime le monde en chair et en os. Cet amour, il le décline à travers la vigoureuse sensualité de ses nus aux courbes gourmandes et aux seins en poire ou en pommes faisant comprendre que s’il peint ce qu'il voit il ne reproduit jamais exactement la réalité. Extraordinaire coloriste, il transcende ses nus par des couleurs d’une puissante vitalité, gorgées de couleurs et de soleil.

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L’avenir de la maison natale de Jean Moulin


         Jean Moulin est un enfant de Béziers. Il naît le 20 juin 1899 à Béziers de Blanche et Antonin Moulin (professeur d'Histoire Géographie au collège de garçons), non loin du CIRDOC, rue d’Alsace, donnant sur le Champ de Mars, face à la caserne de cavalerie Du Guesclin, où la ville de Béziers, à l’occasion du centenaire de sa naissance, a perpétué son souvenir en érigeant une statue en bronze, le représentant, grandeur nature, tel que la photographie l’a immortalisé avec son chapeau et son écharpe, enfermée entre trois colonnes symbolisant l’oppression, l’étouffement, l’enfermement auxquels la France était soumise.

         Jean joue au Champ de Mars avec son ami d’enfance Marcel Bernard qui fera plus tard la photographie qui l’a immortalisé, à Montpellier, au Peyrou. Il y assiste à l’exercice des soldats de la caserne de cavalerie Du Guesclin, à des concours hippiques, et s’enchante devant les cirques qui s’y installent.

         Jacques Nougaret, l’association Réussir à Béziers, la mairie de Béziers se sont souvent interrogés sur le devenir de sa maison natale. Il fallait d’abord l’acheter. La ville vient de le faire et Raymond Couderc, le Sénateur de Béziers lance une réflexion sur le devenir et l’avenir de la maison. A première vue, le projet de réhabilitation de l’immeuble devrait se structurer autour de trois directions : l’évocation de la figue mythique de Jean Moulin, la vie de Jean Moulin et de sa famille à Béziers, son implication artistique sous le nom de Romanin.

         En savoir plus sur Jean Moulin : http://edouard.bertouy.pagesperso-orange.fr/7-notorietes_de_Beziers.html#Mou

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Redécouvrir Gaston Cugnenc, peintre et caricaturiste


         Gaston Cugnenc fait partie des artistes biterrois de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle qui ont connu leur heure de gloire puis sont tombés dans l'oubli. En lui consacrant une exposition du 21-10-2011 au 15-01-2012 le Musée des Beaux-Arts, Hôtel Fabrégat permet de découvrir un peintre et un caricaturiste qui contribua à la croisée des deux siècles à la vie intellectuelle et artistique de Béziers.

         Conservateur du Musée des Beaux-Arts de 1922 à 1928, apprécié par Gustave Fayet il a participé à la fameuse exposition de la Société des Beaux-Arts de Béziers en 1901 qui rassemble les grands exclus de l'époque : Cézanne, Gauguin, Redon, Van Gogh et Picasso. Homme élégant et discret, il fait partie des intellectuels biterrois qui participent au foisonnement des publications qui paraissent alors en travaillant au journal satirique « Tout Béziers y passera » avec Louis Paul, écrivain, peintre et cheville ouvrière de multiples entreprises culturelles dans la ville, avec lequel il est lié d’amitié. Ses caricatures et celles de Louis Paul qui croquaient leurs compatriotes avec beaucoup d'humour et de talent ne sont pas sans influencer le jeune Jean Moulin capable dès l’âge de quinze ans de faire des caricatures de ses professeurs, déjà très intéressantes par la précision du trait et la qualité de l'expression, synthétisant parfaitement la personnalité du modèle, caricatures qui seront publiées dans quelques journaux à Béziers ou à Paris.

         Peintre, Gaston Cugnenc produit une peinture classique mais très riche de matière et de coloris. L'exposition programmée au Musée Fabrégat a pour but de faire redécouvrir ses oeuvres au public, : des paysages, des peintures historiques, des natures mortes, des caricatures.

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Junior Sans, poète populaire et témoin de 30 ans d’actualité biterroise


        Gilles Bancarel, responsable des fonds patrimoniaux au CIRDOC, a présenté à l’Hôtel Bergé, le jeudi 17 novembre à 15h15, sous le titre « Junior Sans poète languedocien témoin de la vie biterroise » les dernières découvertes concernant Junior Sanz.

        Junior Sans (1820-1905) nous est connu par ses publications Bèit telados (1875), Autros bèit telados (1881) et Un Moulou de Telados (1893) éditées sous le nom du Felibre de la Naveto, en hommage à son père tisserand et auteur de « Carnavalades ». Cette œuvre imprimée se complète aujourd’hui de plusieurs recueils de pièces manuscrites - déposés au CIRDOC - qui donnent une vision d’ensemble sur la production littéraire de cet auteur.

        Plus de trente ans d’actualité biterroise, de 1853 à 1889, sont décrites en vers occitans par celui qui reconnaît « qu’en franciman fario pas jamai res de bou e qu’en patouès poudrio faire quicomet de passable ». Par ce témoignage inédit sont retracés à la fois les évènements marquants de la cité, mais aussi la genèse de la production littéraire d’une époque. En effet, à partir de 1875, date de la publication de son premier recueil, il se lance dans l’écriture du recueil de sa production écrite en langue d’oc. Ces recueils qui représentent trois forts volumes reliés sous le nom de Telados, constitués en grande partie d’inédits, nous permettent de suivre la carrière littéraire de Junior Sans et de découvrir plus de trente années de vie biterroise.

        Junior Sans écrit pour perpétuer la mémoire de ses ancêtres mais aussi leur écriture en langue d’oc. Son écriture est celle du témoignage. Il revendique sa filiation en donnant à ses poésies le nom de Telados (toiles) et en écrivant sous le pseudonyme de Felibre de la Naveto en souvenir de son père tisserand, mais aussi en restituant comme eux dans le parler de Béziers les évènements survenus entre 1850 et 1880 ou encore en rapportant les vieilles traditions de la cité.

         Le jeune Félibre Joseph Loubet qui est en relation avec Junior Sans au cours de l'année 1890 le reconnaîtra comme son maître à penser avec Stéphane Mallarmé.

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La génération Y


        Le terme génération Y désigne la génération sociologique des personnes nées entre 1980 et 1999. Il faut noter d’emblée que le concept de génération est consensuel en démographie mais pas dans les autres sciences sociales. Par conséquent, le lien entre appartenance générationnelle et comportements peut porter à controverse. Seul fait certain : d'ici 2015, la génération Y devrait représenter 15 % de la population européenne et 40 % des actifs en France.

        Du point de vue social, ces jeunes gens ont grandi dans la mondialisation, le chômage, la peur du déclassement social. Plus diplômés pour une partie d’entre eux, ils éprouvent une plus grande difficulté à entrer dans le monde du travail. Du point de vue éducatif, cette génération est moins disposée à accepter la discipline, l’attention, le sens de l’effort. Surtout, pour une partie d’entre elle, elle a connu l’échec scolaire, les études et les formations universitaires qui conduisent à une impasse. On ne peut donc affirmer qu’elle constitue un tout uniforme.

        Cette génération a incontestablement connu l'introduction massive de l'informatique grand-public et de l'électronique portable (téléphonie mobile, photo numérique, GPS). Elle en a acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents. Son identité s’est construite autour des apports culturels reçus dès le plus jeune âge. Elle a beaucoup grandi devant la télévision.

        L’hypothèse de l'existence de spécificités propres à la génération Y est controversée. Il est logique que chaque génération se distingue des autres. Mais il peut sembler excessif de faire de la différence de générations un déterminant des comportements plus décisif que, entre autres, les appartenances aux classes sociales, aux cultures, aux territoires etc. A partir de ces spécificités, on en déduit les caractéristiques majeures de cette génération, notamment à travers les fameux Quatre I : interconnectés, inventifs, individualistes et impatients.

        Dans une recherche récente, Jean Pralong souligne dans une étude menée auprès de personnes diplômées, que les Y et les X se posent les mêmes questions, ont les mêmes aspirations au regard du travail et de leur carrière, sauf que les X, du fait de leur âge, sont des managers. Une seconde recherche réalisée en Belgique par François Pichaux et Mathieu Pleyer, couvrant ces trois générations, conclut que les fondamentaux de la GRH (équilibre vie privée/vie professionnelle, système de reconnaissance, sens du travail, etc.), continuent à demeurer des préoccupations partagées par tous.

        Que ces spécificités soient une caractéristique de la génération Y ou qu’elles soient partagées par toutes les générations, il n’en reste pas moins que les managers ou les consultants ont intérêt à recruter un personnel ayant la caractéristique d’être interconnecté, inventif, adaptable et maîtrisant le Web 2 et de toute manière à mieux connaître et choisir les jeunes qui seront recrutés.

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Les œuvres poétiques de Robert Lafont à l’honneur au CIRDOC


        
Robert Lafont né à Nîmes le 16 mars 1923 et décédé à Florence, (Italie), le 24 juin 2009 enseigna à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Linguiste universitaire de profession, historien de la littérature occitane, il fut poète, auteur de nouvelles, et dramaturge occitan. Écrivain polyvalent, son œuvre comporte près d'une centaine de livres en occitan, en français, en catalan et en italien. On y trouve aussi bien de la poésie, du théâtre et des romans, que des ouvrages sur l'histoire littéraire et l'histoire des sociétés, des ouvrages sur la linguistique et la sociolinguistique, ou des ouvrages sur les déséquilibres socio-économiques en France et en Europe.

         Disparu en 2009, Robert Lafont légua par testament l'ensemble de ses archives et de sa bibliothèque au CIRDOC-Mediatèca Occitana. Les chercheurs, les étudiants, le public ont désormais accès à la fabrique d'une oeuvre immense littéraire, historique, scientifique et aux archives d'une pensée et d'une action qui donnèrent à la langue et à la société d'Oc l'horizon d'une modernité européenne.

         En savoir plus sur ce fonds

Dirai la vida lenta de l'oliu
saba sàvia estremada en rusca eissucha
per un fulhum dos sègles renadiu,
arbre torçut dins una lònga lucha
que cau trenta ans per que balhe sa frucha.

Robèrt Lafont, La Gacha a la Cistèrna, Edicions Jorn, 1998.

Je dirai la vie lente de l'olivier
sève sage enfermée en rêche écorce
pour un feuillage qui renaîtra deux siècles
arbre tordu dans une longue lutte,
à qui il faut trente ans pour donner des fruits.

Robert Lafont, Le Guetteur à la Citerne, Editions Jorn, 1998.

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Recherches archéologiques : le partenariat entre la ville et l’INRAP continue


        L’Inrap est régulièrement intervenu sur la commune et dans la Ville de Béziers, avant que celle-ci ne crée son service archéologique. Au fil des aménagements de la ville, l’Inrap a su mener à bien des diagnostics archéologiques ou des fouilles prescrits par l’Etat (DRAC Languedoc- Roussillon), dans le cadre de la loi de 2001 relative à l’archéologie préventive.

        Le tracé de la rocade-Nord, la création de la ZAC Montimaran, la construction d’un nouveau centre pénitentiaire, d’ensembles immobiliers, autant de projets qui se sont révélés une source précieuse pour les archéologues et ont enrichi la connaissance du passé biterrois.

        Il est par conséquent cohérent que Raymond Couderc, Sénateur-maire de Béziers et Arnaud Roffignon, directeur général de l’Institut national de recherches archéologiques préventives aient signé le vendredi 30 mars 2012, en présence de Jean-Paul Jacob, président de l’Inrap, une convention-cadre de partenariat scientifique et culturel pour la détection, la collecte, la sauvegarde et la conservation par l’étude scientifique, ainsi que la valorisation auprès du public, du patrimoine archéologique de la commune de Béziers.

Recherches archéologiques de l’Inrap à Béziers

        Les fouilles de l’Inrap ont amené des découvertes remarquables du néolithique final à l’époque moderne et sur l’occupation romaine de la cité.

        Les six opérations archéologiques pour l’aménagement de la ZAC Montimaran, à Saint-Jean d’Aureilhan (1991-1998) ont permis de mettre au jour un site recélant des vestiges du néolithique final à l’époque moderne et contemporaine, ou encore le site du Crès (Rocade Nord 2000/2001), plus important témoignage connu à ce jour d’une occupation du début du Chasséen (4300-3500 ans avant notre ère) dans le Midi de la France. Une zone de sépultures y a permis de renouveler profondément les connaissances sur les pratiques funéraires d’alors.

        Des thématiques patrimoniales ont pu être approfondies au fil des recherches : les villae, avec l’exemple remarquable de l’établissement antique du quartier du Crès doté de chais (aménagement de la Rocade Nord, 1999/2000) ; la culture de la vigne toujours, mais cette fois de plus grande ampleur, avec les fermes et les plantations gallo- romaines découvertes sur le site du Gasquinoy (nouveau centre pénitentiaire, 2006).

        Au Garissou à l’occasion d’un projet de lotissement (2005) ont été découverts fours de potiers de la fin de l’Antiquité (2005).

        Les fouilles de l’amphithéâtre (1991 -1995), édifice de spectacle érigé durant le haut-Empire (autour de 80), élément remarquable de la cité romaine de Béziers ont permis de rechercher des vestiges préservés non seulement dans la partie centrale de l’amphithéâtre, espace à l’air libre, mais aussi dans les immeubles et les caves. Ainsi, il a été possible de retrouver l’assiette, le plan global, la chronologie. Au final, toutes les informations recueillies ont permis de reconstruire l’histoire du monument.

        La fouille de la rue Kléber (2010), menée à la suite d’un diagnostic réalisé par le service archéologique de la Ville, a révélé un ensemble funéraire romain et en son sein, un exceptionnel tetartémorion, monnaie phocéenne d’époque archaïque constituant un témoignage rare et unique à Béziers de la présence probable de commerçants grecs en Languedoc.

Le service archéologique de la ville de Béziers

        Il a été agréé 29 juillet 2005 par les ministres de la Culture et de la Communication et de la Recherche, pour la réalisation des diagnostics dans son ressort territorial et des fouilles d'archéologie préventive sur le territoire national. Ses missions principales sont-les diagnostics et fouilles archéologiques,l’inventaire des sites archéologiques et l’estimation des risques archéologiques ou historiques sous la tutelle des services de l'Etat et en collaboration avec les services municipaux de la Ville de Béziers.

L’INRAP

        L'Inrap a été créé en 2002 en application de la loi sur l'archéologie préventive. L'institut assure la détection et l'étude du patrimoine archéologique touché par les travaux d'aménagement du territoire. Il exploite et diffuse l'information auprès de la communauté scientifique et concourt à l'enseignement, la diffusion culturelle et la valorisation de l'archéologie auprès du public. Sa création traduit l'importance prise, depuis les années 1970, par la recherche archéologique en France et témoigne de la volonté de l'État de soutenir l'exercice de cette mission de service public d'intérêt général.

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